Presse
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Le Parisien
Un monologue jubilatoire Ironique, intelligent et comique… Les spectacles qui conjuguent toutes ces qualités sont suffisamment rares de nos jours dans la capitale pour ne pas vous précipiter au Petit Hébertot. Vous avez jusqu’au 1er avril pour rire – jusqu’au fou rire – et réfléchir autour de « l’affaire Dussaert ». Cette pièce écrite et interprétée par Jacques Mougenot est un monologue subtil sur le sens de l’art contemporain en même temps qu’une réflexion sur la désinformation, le pouvoir des médias et les mensonges des hommes. Philippe Dussaert, peintre disparu en 1989, défraya la chronique en 1991, en pleine guerre du Golfe. […] Un scandale national éclate alors. De rebondissement en rebondissement, le spectateur est transporté par ce concerto à une voix joué sur les registres innombrables du théâtre. Par petites touches successives, Jacques Mougenot soulève toutes les questions que se pose le profane sur l’art d’avant-garde. Jannick Alimi Le Parisien, jeudi 2 mars 2005 -

La Nouvelle République
L’affaire Dussaert à la Grange de Vaugarni – 9 juin 2011
Comment qualifier l’affaire Dussaert, donnée à la grange théâtre de Vaugarni, par le talentueux Jacques Mougenot ? A l’issue du spectacle, nous savons tout de Philippe Dussaert : artiste génial, inventeur du concept de « l’après », au nom duquel il va créer ses premières grandes oeuvres, caractérisées par l’absence des personnages.
Son génie éclate lors de sa dernière exposition, son ultime création « Après tout », où il ne reste rien, car il a effacé jusqu’au tableau. Belle réflexion sur l’art contemporain : le « rien » peut-il être déclaré oeuvre d’art ? Avec un talent consommé, Jacques Mougenot, explique, commente, décortique tous les aspects de cette affaire. En véritable professionnel de la conférence, il utilise à l’appui de son propos : vidéoprojecteur, ouvrages et revues d’art, lettres intimes de la galeriste de Dussaert, etc.
Tout est documenté, daté, précis, parfaitement situé dans l’époque. Travail sérieux certes, mais non dénué d’humour, ce qui rend très agréable ce brillant exposé, au cours duquel, le public captivé, suspendu aux lèvres du comédien-conférencier, ne voit pas le temps passer… C’est un véritable tonnerre d’applaudissements, qui a salué la pirouette finale de Jacques Mougenot, auteur du texte, conteur magnifique et grand comédien ! Un très grand et beau moment de théâtre. -

L’Indépendant
L’art et la manière de Jacques Mougenot.
Si ce n’est pas la plus belle des rencontres proposées par les Estivales cette année, c’est en tout cas la plus insolite, et la plus inattendue : avec « L’affaire Dussaert », Jacques Mougenot a remporté tous les suffrages. A découvrir absolument.
Dieu qu’il est difficile de prendre la plume du critique ! Ceux qui ont vu le petit chef-d’œuvre présenté par Jacques Mougenot depuis deux jours aux Scènes Ouvertes comprendront… Le spectacle de Jacques Mougenot est tout simplement magique. Sa réflexion commence avec ce qui pourrait n’être qu’une querelle intestine née de l’opposition farouche de deux écoles de pensée mises dos à dos : les partisans et les détracteurs de Philippe Dussaert. Des querelles qui ont agité en leur temps le microcosme de l’art contemporain.
Quoique… Parce qu’avec l’œuvre de Dussaert, le monde de la culture, celui de la politique, de la justice, de la philosophie et du social se sont emmêlés les pinceaux – c’est le cas de le dire – pour déterminer si, oui ou non, l’œuvre ultime de l’artiste méritait que l’on dépensât des millions pour la maintenir sur le sol français. Ce qu’il faut savoir, c’est que l’œuvre ultime de Philippe Dussaert, premier et unique représentant du mouvement vacuiste, était en réalité un grand néant, exposé malgré tout dans la galerie d’Argenson.
Alors, le rien peut-il être de l’art ? Et combien vaut rien du tout ? C’est donc dans cette affaire rocambolesque, aux rebondissements dignes d’un roman de John Irving, que nous embarque Jacques Mougenot. Sur le ton de la conférence, et avec l’air de ne pas y toucher, avec ses bons mots et ses réflexions très poussées sur cette affaire Dussaert, l’acteur décortique en réalité avec un délicieux cynisme les aberrations qui peuvent être dites ou écrites sur l’Art en général et qui, il faut bien le dire, laissent souvent perplexes les amateurs les plus éclairés.
Par sa seule présence, et les quelques reproductions d’oeuvres de Dussaert (tel cet incroyable « Après le radeau de la méduse », copie conforme de l’œuvre de Géricault mais, fidèle au mouvement vacuiste, sans naufragés…) Jacques Mougenot réussit à nous faire rire, rêver, réfléchir, et à nous surprendre. Un spectacle qu’il faut absolument aller voir avant qu’il ne disparaisse à son tour ! Et ce n’est pas un conseil de critique à lecteur, mais un véritable conseil amical.
Barbara Gorrand
L’indépendant (Perpignan), 27 juillet 2007 -

Elle à Paris
Vous connaissez l’affaire Dussaert ? Elle mérite pourtant toute notre attention. Heureusement, le bien informé Jacques Mougenot s’est penché pour nous sur l’histoire de Philippe Dussaert, artiste peintre au centre d’une bien étrange polémique, passée inaperçue pour cause de guerre du Golfe. L’occasion était trop belle, l’auteur comédien l’a saisie pour entrer dans le monde surprenant et improbable de l’art contemporain, avec ses coups de génie, ses dérives, ses absurdités et ses limites. Avec une jubilation certaine, un plaisir évident et beaucoup de talent, il règle ses comptes aux snobismes, traque les sophismes en tout genre ou tout autre « idiotisme », entre conférence et pièce.
Mais L’Affaire Dussaert, c’est aussi un coup de théâtre final, une sacrée pirouette, le clou d’une soirée instructive, drôle et burlesque. Tout un tableau. -

France culture
[…] souvent on dit que les procès sont théâtraux ou cinématographiques, mais là l’enquête, je dirais l’instruction, que Jacques Mougenot mène autour de cette affaire Dussaert, et la manière dont il la raconte
, la manière dont il l’illustre aussi avec quelques unes des œuvres du peintre, a quelque chose qui est proprement hitchcockien, avec, de surcroît, une succession de rebondissements qui fait que, de trompe-l’œil en trompe-l’œil, on finit par arriver à une vérité qui est faite de surprises ; et pour tous ceux qui pensent que le théâtre, c’est beaucoup de surprises et aussi, c’est l’endroit où le plaisir de l’acteur et de voir un acteur est porté à son comble, je recommande vraiment d’aller au petit théâtre Hébertot pour voir « l’affaire Dussaert » de et par Jacques Mougenot.Philippe Meyer
France Culture, 93.5 Mhz
« L’esprit public », dimanche 22 janvier 2006 -
Gadins et bouts de ficelles
Cette (excellente) pièce est un ovni, et je vous la recommande vivement ! Il s’agit d’une pièce-conférence sur un artiste contemporain, Philippe Dussaert, qui amène à se poser des tas de questions sur l’art, et plus précisément l’art contemporain.
Dès le début, on est déroutés par sa forme, et même par la scène du Théâtre Le Petit Hébertot. Il n’y a tout simplement pas d’estrade : Jacques Mougenot, auteur et seul interprète de la pièce, joue face à nous, sur le même niveau, sans la scène pour nous rappeler qu’on est au théâtre et pas dans la vie réelle.
Or, le propos de la pièce est déroutant : le comédien utilise un langage parlé de conférencier pour nous parler de Philippe Dussaert. Il adopte un ton documentaire, neutre et précis, s’appuyant sur des citations extraites de divers documents, dont un catalogue d’exposition de l’artiste.
La conférence s’avère bien vite passionnante, tout à la fois délirante, farfelue, et propice à la réflexion esthétique.
Quel est l’objet de cette conférence ?
Philippe Dussaert (1947-1989) qui, dans les années 80, a créé le mouvement vacuiste, autrement dit des partisans du vide (ou plutôt dans le cas de Dussaert, du rien). Jacques Mougenot a rencontré Peggy d’Argenson, critique d’art et galeriste de l’artiste, qui l’a autorisé à écrire la pièce.Mougenot nous raconte la carrière de l’artiste, ses problèmes de santé (qui causeront sa mort prématurée), et sa rencontre avec Mme d’Argenson.
Pourquoi le titre de la pièce, L’affaire Dussaert ? Parce que la dernière œuvre de l’artiste, intitulée Après tout, a provoqué un tollé national au moment de la Guerre du Golfe, en 1991 : lors de sa vente aux enchères, les musées français ont fait valoir leur droit de préemption sur elle, et l’ont achetée. Pour comprendre le nœud du problème, il faut analyser l’œuvre de l’artiste. Copiste de génie, Dussaert a exercé ce métier pendant des années avant d’initier son œuvre de détournement des classiques. Il commence par peindre un Après la Joconde, dont le propos est : imaginez à quoi ressemblerait le fonds de la toile si la Joconde était partie après sa séance de pose. Qu’aurait peint de Vinci ? Mougenot nous montre alors, au rétroprojecteur, un paysage vide, avec la terrasse où pose normalement la Joconde.
En passant, je tiens à souligner l’humour omniprésent durant toute la pièce : je n’ai pratiquement pas arrêté de rire, tout en cogitant frénétiquement, ce qui, me semble-t-il, est très bon pour la santé !
Et il enchaîne en nous montrant Après le radeau de la Méduse, ou bien Après le couple Arnolfini : il parle du miroir (qui se trouve derrière le couple effacé par Dussaert), et du fait que l’artiste s’y est représenté à la place des personnes qui entrent par la porte !
Dans ce contexte, Après tout, c’est après toute l’œuvre de Dussaert, et après tout l’univers sensible : c’est synonyme de Rien. Et non de vide, car le vide est quelque chose. Comment représenter Rien ? En le mettant en scène. Mme d’Argenson annonce le vernissage d’une nouvelle exposition de Dussaert… Les gens arrivent. Les salles de la galerie sont vides. Et on leur explique le concept.
Toute la fin de la pièce, une fois abordée l’évocation de cette œuvre, consiste en une réflexion philosophique burlesque évoquant la vente de Rien aux enchères, son rachat par les musées français, qui ne veulent pas une sortie du territoire de ce Rien français… et les disputes au sujet de sa paternité. Je vous avoue avoir bien souvent frôlé le fou rire.
Pour finir, je tiens à préciser que cette critique est une refonte d’une première critique, publiée le 4 février 2006. Je l’ai « dé »publiée, suite à un mail, fort sympathique et inquiet à raison, de Jacques Mougenot. Je vous en livre aujourd’hui un condensé censuré (hi hi hi) qui, je l’espère, va aiguiser votre curiosité et redoubler votre envie d’aller voir cette pièce.
« Chère Miss Poivert,
Je suis heureux que ma pièce, L’affaire Dussaert, vous ait plu, et plus heureux encore que vous partagiez votre enthousiasme avec les Internautes en mettant en ligne vos commentaires et votre critique (je serais difficile de me plaindre d’une critique si élogieuse !). Je me suis demandé si je prenais le risque de vous écrire pour vous communiquer mes sentiments à son sujet et puis la sympathie que m’inspire votre démarche m’engage à la faire. Je suis toujours ravi quand on parle de ce spectacle qui a besoin effectivement de publicité, quelques critiques professionnelles sont venues, j’ai eu la chance qu’ils apprécient et qu’ils fassent quelques papiers flatteurs, mais tous, dans le souci de ne pas nuire à l’efficacité du spectacle, ont joué le jeu […] aucun n’a trahi le secret de la pièce (qui est son ressort essentiel, vous vous en rendez bien compte). Je ne pense pas que vous vouliez me nuire […] mais le fait que vous le fassiez quand même (même si ça s’adresse à des gens qui n’iront pas voir la pièce) me rappelle une histoire drôle que vous connaissez peut-être, celle de l’ouvreuse de cinéma à qui son client ne donne pas de pourboire et qui lui dit en le plaçant : l’assassin, c’est le juge ! et lui gâche son film… Bref, ne pourriez-vous pas, si mon spectacle vous a inspiré quelque plaisir, être ma complice plutôt que ma dénonciatrice, même involontaire. C’est une faveur que je vous demande de reformuler votre texte […]. Racontez l’histoire de la pièce si ça vous fait plaisir (bien que ses rebondissements et ses surprises comptent pas mal dans le bonheur du spectateur) mais, s’il vous plaît, ne dites pas [tralalalère, vous ne saurez rien, dixit Poivert], car jusqu’à présent personne sur le Web […] ne l’a fait. Faites-moi ce cadeau, le théâtre qui vous a invitée vous en sera reconnaissant (et moi itou). Dans l’espoir de vous relire bientôt, je vous salue bien cordialement. Jacques Mougenot »
C’est chose faite, et, classe oblige, dans l’esprit de votre pièce… Ou comment le secret torture déjà l’esprit des lecteurs qui, parmi mes fidèles, n’avaient pas lu ma première critique.
Allez voir cette pièce et vous saurez (quoique ?) ce qu’il en est.
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Jim le Pariser
Jubilatoire, brillant
On n’a pas de mot pour décrire la jouissance intellectuelle qu’offre L’affaire Dussaert, pièce écrite et jouée par Jacques Mougenot. Seul en scène et sous la forme d’une conférence, il revient sur les critiques que l’on peut faire à l’art contemporain à travers celui que l’on nomma “le peintre de l’inaperçu”, lequel eut à cœur de faire disparaître tout d’abord les sujets dans des toiles de maîtres comme La Joconde qui devint sous son pinceau Après la Joconde, n’en peignant que le fond.Sur les traces de Marcel Duchamp et son urinoir, ce peintre belge, génial copiste ayant fait les Beaux-Arts, relança ainsi le débat sur la valeur artistique d’une œuvre, en dé-figurant 19 chefs-d’œuvre, dont 5 furent immédiatement achetés par des musées. Puis, malade – il meurt à 42 ans – il fit scandale avec sa dernière exposition Après tout, où il exposa non pas le vide comme Yves Klein, mais le rien. “L’unique chose qui permet de différencier l’art du reste, c’est le discours”.
Dans le cas de Dussaert, les critiques s’étripèrent tandis que celui-ci refusa toute explication, “le commentaire étant l’ennemi de l’artiste” selon lui. Reste que l’œuvre fut un succès, vendue à Drouot à un musée américain, préemptée par l’État français, etc. Avec la lecture d’extraits de catalogue, des diapositives, et de la correspondance avec madame d’Argenson, riche collectionneuse et soutien indéfectible de ce peintre qui intéressa même la Cour des Comptes; vous verrez dans cette pièce comment les mots peuvent remplacer les formes, avec un humour et une intelligence délectables. Alors dépêchez-vous, c’est jusqu’au 4 janvier aux Mathurins.
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Le Phare de Ré
“Si je parle de terrorisme intellectuel, vous me suivez ?”
La salle de spectacles La Maline accueille, le 11 novembre prochain, à 20h30, « L’affaire Dussaert », de et par Jacques Mougenot. Histoire d’une mystification dans le domaine de l’art contemporain. Un spectacle corrosif entre satire et comédie. Interview de l’auteur et comédien.
Le Phare de Ré : Qui était Philippe Dussaert ?
Jacques Mougenot : C’est un peintre contemporain, mort en 1989, à l’âge de 42 ans. Du fait de sa courte vie, il n’a laissé qu’une petite vingtaine d’œuvres. Son métier, au départ, était d’être copiste. Ce peintre, somme toute assez peu connu, a rencontré un certain succès en faisant une série d’œuvres intitulée D’après. Le principe était le suivant : des copies de chefs-d’œuvre mais sans reproduire les personnages représentés sur la toile. Ainsi a-t-il fait dans son tableau L’après Joconde où manque justement La Joconde ou Après le radeau de la méduse, mais sans les naufragés. Toutefois, c’est peu avant sa mort qu’il défraya la chronique, avec une exposition sur le rien. Ce qui n’empêcha pas l’État de préempter l’œuvre pour huit millions d’euros.Qu’est-ce qui vous a décidé à vous lancer dans ce projet ?
Outre l’histoire elle-même de ce peintre, que j’ai découvert en 2000, lors d’une conférence animée par sa galeriste, Peggy d’Argenson, cette affaire autour du rien, qui en résume tant dans l’art contemporain, pose un certain nombre de questions. L’une d’elles est : quand une œuvre devient-elle une œuvre d’art ? Et d’autres questions aussi qui permettent d’épingler les marchés de l’art, les critiques, la politique de l’État en matière d’art, etc.Ce n’est pas la première fois que vous créez un spectacle sur la peinture. Qu’est-ce qui vous fascine tant dans cet art qui est au silence ce que le théâtre est au verbe ?
Je suis d’abord comédien et auteur. J’ai aussi une grande passion pour la peinture et l’art, en général. Mon premier spectacle sur la peinture racontait la vie de Corot. J’ai aussi écrit des monographies et ai participé à des ouvrages collectifs sur la peinture. J’avais envie depuis longtemps de traiter, au travers d’une pièce, un certain nombre de questions autour de l’art contemporain. La rencontre avec la galeriste de Dussaert m’en a donné l’occasion.Sauf que, dans ce spectacle, vous vous en prenez pas mal à l’art contemporain et à ses dérives.
Certes, mais ce n’est pas pour autant une charge contre l’art contemporain, mais plutôt contre ses dérives et ses mensonges. Je dirais même que c’est un plaidoyer pour l’art. Comme je vous l’ai dit tout au début, la question qui est au cœur de ce spectacle est celle que tout le monde se pose : quand une œuvre devient-elle une œuvre d’art ? Je pense que l’on peut y répondre.Avec les dérives et les mensonges autour de l’art moderne qui sont légion, peut-on en conclure que celui-ci n’est, au fond, qu’une vaste supercherie, pour ne pas dire une escroquerie ?
C’est en effet un autre sujet de ma pièce. Mais, pour le savoir, il faut voir le spectacle. Plus sérieusement, je ne sais pas si je réponds bien à cette question, mais je la suggère au moins au public. À lui de tirer ses conclusions. Quoi qu’il en soit, si je parle de terrorisme intellectuel, vous me suivez ?Pourquoi avoir choisi de construire votre spectacle sous la forme d’une conférence ?
Cela est venu tout naturellement en allant écouter la conférence de la galeriste de Dussaert. J’étais passionné par ce qu’elle racontait. Je me suis dit que cela pourrait passionner aussi le public, en y mettant de l’humour et en traitant le sujet sous la forme d’une enquête avec une véritable intrigue.Vous-même, pour écrire ce spectacle, avez-vous mené votre propre enquête sur ce peintre ?
J’ai en effet mené mon enquête auprès de ceux qui l’avaient connu : sa famille, sa galeriste, d’autres artistes, le commissaire-priseur de la vente qui a fait scandale à Drouot. Je me suis aussi appuyé sur des documents et sur les œuvres du peintre.Depuis la première fois que vous avez joué ce spectacle, a-t-il évolué depuis ?
Je l’ai joué pour la première fois en 2002 dans un tout petit théâtre avant de le reprendre au Petit Hébertot à Paris, en 2006. Ensuite, je suis parti en tournée avec ce spectacle qui a remporté le Prix du public au festival de Dax en 2007, puis celui de Philippe Avron au Festival d’Avignon Off cet été. Avec les années, le spectacle a, bien sûr, évolué, même si l’histoire reste identique. Et c’est un réel bonheur de continuer à le jouer, car on rit beaucoup tout au long. Or, quand un public rit, un acteur ne s’ennuie jamais. -

La Nouvelle république
Face à une œuvre d’art contemporain, le profane se pose souvent beaucoup de questions. L’auteur et comédien Jacques Mougenot, passionné de peinture, a fait une prometteuse pièce de théâtre de ces interrogations. Il propose une conférence théâtre satirique sur ce petit milieu, sorte de procès de l’art contemporain, où le but serait de faire la part des choses entre charlatanisme et acte de création.
Son point de départ : l’affaire Dussaert. En 1991, explique-t-il, les musées nationaux achètent pour 8 millions de francs la dernière œuvre du peintre Philippe Dussaert (1947-1989), fondateur du mouvement Vacuiste. Ce peintre, après s’être fait spécialité d’effacer les œuvres connues (il peint « Après la Joconde » sans Mona Lisa, « Après le Radeau de la Méduse » sans radeau…), fait une ultime œuvre : « Après tout ». Une œuvre radicale : quand on entre dans la galerie, il n’y a rien.
Jacques Mougenot donne force détails sur cette histoire, racontée de façon drôle et instructive, et fait avancer peu à peu les spectateurs dans son enquête, traçant la frontière entre art et canular. Et en matière de canular, Jacques Mougenot s’y connaît apparemment encore mieux qu’il ne veut le faire croire…
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BSC news
La pièce de Jacques Mougenot n’est pas du théâtre à proprement parler : nulle trace de costumes d’époque, d’effets scéniques, ni même d’alexandrins. C’est, en fait, un spectacle minimaliste où l’on doit se rendre comme à une conférence sur l’art contemporain. Si vous optez pour ce parti pris, vous ne pouvez qu’apprécier cette farce intelligente et fichtrement bien ciselée !
En maître conférencier pragmatique et éloquent, Jacques Mougenot a choisi d’évoquer l’incroyable histoire du peintre Philippe Dussaert qui, dans les années 80, mis en place l’un des mouvements artistiques les plus rocambolesques : le vacuisme. Se présentant comme un fervent partisan du « vide », cet homme est parvenu à exposer dans une prestigieuse galerie parisienne une œuvre nommée « Après tout » ne représentant « rien » ! … Supercherie ? Conceptualisme ? Plaisanterie avant-gardiste ? Telle est la question lancée au public dans cet abracadabrant monologue de Maître Mougenot.
Nous entraînant dans le cercle très fermé des vernissages mondains et des galeries de prestige, l’auteur mène son enquête sur scène pendant une heure et demie. Citations et diapositives à l’appui, il démystifie l’art contemporain au plus grand regret de ses adulateurs. Effeuillant avec délice les éloges ridicules de certains critiques d’art, il dénonce élégamment les scandales et les dérives de ce monde culturel géré par de perspicaces spéculateurs.
Comment peut-on réellement se pâmer sur « la plénitude du vide » ? Dans quel but un journaliste peut-il faire l’éloge d’un art conceptuel qui ne repose sur rien ? Et que penser, honnêtement, d’une « œuvre » telle que la « fontaine-urinoir » de Marcel Duchamp ou d’un mouvement aussi stérile que le Ready Made ?
L’art contemporain abuse. L’art contemporain provoque ! Il défraie la chronique et effraie les consciencieux car aucun critère aujourd’hui ne permet aux néophytes de juger de la valeur d’une œuvre : on ne tient compte ni du talent technique, ni du sens esthétique, ni même de la beauté de l’objet pour l’estimer. Seul prévaut le discours fabuliste ou métaphysique avec lequel on édulcore soigneusement la pièce finale pour mieux la vendre.
Profanes et béotiens, écoutez bien cette prise de conscience que vous offre l’impertinent Jacques Mougenot. Son propos n’est pas de dénigrer l’art du XXIe siècle (même si certains critiques d’art vont le détester), il ne vise pas plus à dénoncer les élites et leur politique culturelle (quoique…). Non, votre conférencier se veut alarmiste face au grand bazar du bluff ! Même si son préambule est un peu long, il cherche à éveiller vos esprits formatés par les mythomanes de l’establishment artistique ! Il est temps de faire table rase des imposteurs, des pseudos artistes et de la démocratisation du médiocre ! Ouvrez vos yeux et vos cœurs, chers spectateurs, sinon vous risquez un jour de devenir vous-même les victimes d’un canul’ART !…
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Encres vagabondes
Je me fais la très normale obligation de vous souligner un spectacle où le sourire de l’humour alterne avec le rire libérateur toute la soirée, sans jamais discontinuer. C’est tellement rare que j’insiste : on y rit ou on y sourit sans cesse. Et cette allégresse qui revient par vagues ininterrompues porteuses d’un message intelligent concerne le snobisme accompagnateur d’une partie de l’art contemporain et les mots complices qui l’accompagnent. Un véritable régal pour l’esprit.
Il s’agit de L’affaire Dussaert et évidemment de Jacques Mougenot, son auteur qui est également son propre interprète. Le rodage de ce spectacle qui se termina au Festival d’Avignon en 2010 et 2011 avait été couronné du premier prix Philippe Avron, lequel n’est pas une mince récompense.
Epoustouflant monologue sous la forme d’une sérieuse conférence, sa reprise parisienne mérite un hommage sans flagornerie mais également la discrétion sur sa chute qui est celle d’un homme de théâtre averti et cultivé. Il a effectivement su soigner tous les détails de son originale prestation et mérite par conséquent de garder son « deus ex machina » jusqu’à la fin.
Posez-vous simplement la question essentielle : « Saurais-je différencier d’emblée une véritable œuvre d’art d’une peinture du dimanche ? »Si vous concluez modestement qu’on trouve les premières dans les galeries d’art et les grands musées internationaux, il faut vous précipiter au Théâtre du Ranelagh pour avoir une réponse moins sommaire. Néanmoins dans tous les cas de figure, y compris si vous êtes un connaisseur averti et sincère, je vous recommande de voir ce spectacle car en même temps que vous y serez des spectateurs heureux vous apprendrez le langage sophistiqué des bluffeurs par les mots et une autre approche de l’art que notre panurgique et trop souvent naïve considération.
Ses extraits d’une revue de presse complaisante est absolument jubilatoire. Je le cite : « L’absence d’œuvre préfigurait son œuvre qui est (…) peut être l’œuvre de l’absence » ou « Une œuvre singulière et séduisante, terriblement ludique, qui bouscule les notions convenues de tradition et de modernité pour être puissamment contemporaine« .
Enfin, avant un brillant finale en compagnie d’Alexandre Dumas et du peintre Delacroix, vous entendrez cette perle de sophistication attribuée à une distinguée galeriste soutenant jusqu’au bout son artiste : « Il n’a cessé de se dépouiller de sa personnalité d’abord, de son savoir ensuite puis enfin de son apparence de chair pour finir par ne faire qu’un avec son œuvre de néant. » Étonnant… non ? aurait dit Pierre Desproges.
Ne manquez pas ce bonheur de scène
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L’Homme au masculin
L’Affaire Dussaert Ou le scandale de l’art contemporain
Jacques Mougenot, auteur de pièces de théâtre comme « La Fourmi et la Cigale » ou « Un Type sans intérêts », a décidé il y a quelques années de présenter l’affaire Dussaert au public. Pour les néophytes de l’art, Dussaert (Philippe de son prénom) était un artiste contemporain dont l’œuvre a fait grand bruit à l’époque (pour ne pas dire scandale) et dont aujourd’hui, peu de monde se souvient (certains devineront pourquoi…). C’était sans compter sur la verve de Jacques Mougenot !Pour revenir sur cette histoire qui peut paraître un peu délirante lorsqu’on la connaît, l’auteur et comédien a choisi d’écrire un monologue de théâtre où il se présente comme un enquêteur maniant le langage soutenu, familier et courant avec simplicité, s’adressant à chacun et en même temps, à personne. Pardon ? Oui, vous m’avez bien lu ! Personne ne sera visé, que vous soyez un expert de l’œuvre de Van Eyck ou un aficionado de The Voice, chacun y trouvera son plaisir !
Oui, mais une pièce de théâtre, c’est long et pas forcément agréable à lire ? Je vous rassure, les didascalies ne sont que rarement présentes, ce qui réduit considérablement l’agacement du lecteur (je suis de celles qui ne supportent pas de voir des didascalies plus longues que la tirade à venir…). Bien au contraire, en étant courtes et peu utilisées, elles permettent véritablement de créer une interaction entre l’auteur et son lecteur. Pour ne pas avoir encore eu la chance de voir la pièce, je peux vous garantir que j’avais l’impression de voir, et non lire simplement Jacques Mougenot !
Bon, c’est bien joli tout ça, mais Philippe Dussaert, qui est-ce ? Qu’a-t-il fait pour créer le scandale ? Philippe Dussaert, artiste né en 1947 et décédé en 1989, se fait connaître dans les années 80 grâce à son mouvement vacuiste. Vacuiste… Qu’est-ce donc ? Vous le savez, chaque nom de mouvement correspond à ce qui en ressort, d’où les Impressionnistes pour l’impression donnée devant leurs toiles par exemple. Vacuiste est un terme désignant le vide.
Avec dix-neuf œuvres qui forment la naissance, la vie et la mort de ce mouvement, Philippe Dussaert se fait connaître en proposant des toiles comme « Après la Joconde », « Après le radeau de la méduse » ou encore « Après Le Bain de Diane » où les figures furent effacées pour faire apparaître le fond et le laisser parler aux observateurs. C’est assez drôle de voir l’une des pièces maîtresses de Léonard de Vinci sans sa figure principale.
L’affaire Dussaert, elle, concerne principalement une vente aux enchères qui a lieu après la disparition de l’artiste. Madame d’Argenson (ancienne galeriste de l’artiste) décide de mettre en vente l’œuvre finale de Dussaert « Après Tout » qui secoue au moment de sa présentation la bulle artistique française. C’est cela qui crée le scandale. En effet, est-il possible de vendre du rien ? Les passionnés d’art rapprocheront les propos de Jacques Mougenot à l’histoire de Yves Klein, qui à l’époque avait vendu du vide. Quelle nuance !
A travers cette pièce « L’Affaire Dussaert », Jacques Mougenot revient sur la grande question artistique qui se porte souvent à la bouche des spectateurs : « l’art contemporain est-il un canular ? » ou bien est-ce l’affaire Dussaert ?
A vous de juger…
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La chronique de Voltaire
Critique de la performance de Jacques Mougenot
Je n’ai pas eu le temps d’aller à la Fiac, ma maîtresse a regretté et moi aussi. Elle a des goûts classiques et si elle a peu d’accointance avec l’art minimaliste, certains artistes dits “contemporains” la touchent. Si vous aussi vous aimez hanter les musées et les galeries, alors vous serez sensible à l’affaire Dussaert.Non, ce n’est pas une erreur, vous êtes bien dans une salle de théâtre et le comédien est un vrai comédien. Car on pourrait s’y méprendre et se croire dans une salle de conférences. Qui occupe alors la scène ? Un conférencier ! Un expert en art moderne qui va durant 1h20 vous faire un exposé avec détails, digressions et extraits de revues de presse d’un certain Dussaert.
Tout est pure fiction sauf que la vanité du propos est une magistrale caricature des artistes parfois fumeux et fumistes qui réussissent à placer la théorie plus haut que le talent et l’émotion artistique. Jusqu’où l’art peut-il aller trop loin ? Il nous le prouve.
Le propos est drôle, le texte remarquable avec une touche de Devos. La performance est réussie et en conteur, il nous tient jusqu’à la fin, à quelques répétitions près. Lui, c’est l’auteur-comédien : Jacques Mougenot. Il est question d’un artiste copiste au destin tragique dont l’œuvre finale qui le consacre est un hymne au vide. Vanité des vanités… Je ne vous en dirai pas plus.
Ce comédien est incontestablement un amoureux de l’art et son texte est le plus bel hommage qu’il peut faire à sa manière à nos plus grands artistes… Il aurait pu faire une performance live à la Fiac ! C’eût été du plus grand effet. Il aime aussi les chiens car sur les toiles qu’il vous commentera, ces derniers restent toujours présents ! Si ma remarque vous semble bizarre, cela sera limpide et vous amusera. Il ne reste qu’à réserver votre place.
A bon entendeur, salut, cave canem.
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Le Sauvage
Avez-vous entendu parler de « l’affaire Dussaert » ? Voyons, c’était en 1991, il s’agissait du peintre Philippe Dussaert, fondateur du mouvement vacuiste… Il me semble qu’il y avait une histoire de vente aux enchères litigieuse… Mais tout cela est flou.
Si vous voulez tout comprendre de cette ténébreuse affaire, rendez-vous au théâtre du Ranelagh où Jacques Mougenot, auteur et interprète, vous initiera par une conférence-spectacle hilarante, avec projection de diapositives, à l’art très particulier de Philippe Dussaert.
Sous ses dehors cocasses, le propos de l’auteur est subtil : jusqu’où l’Art peut-il aller ? Quand la création bascule-t-elle dans la provocation et l’imposture ? À travers l’histoire de Philippe Dussaert, c’est bien au procès de l’Art contemporain qu’on assiste, égayé d’un suspense inattendu et de rebondissements drôlissimes.
On rit beaucoup devant Jacques Mougenot ; il distille son texte savoureux avec un sérieux de conférencier, véhément et persuasif, étayant ses dires de références précises, tirées de notes enfouies dans ses poches ou du gros catalogue de la vente de l’œuvre-maîtresse du peintre : « l’Après tout ».
Pour connaître le fin mot de l’histoire, filez au Ranelagh, vous ne le regretterez pas !
Michèle Valmont
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Le journal de Saône-et-Loire
Conférence Théâtralisée de Jacques Mougenot
Le public, interrogatif, a passé un bon moment avec Jacques Mougenot. Vendredi soir, l’Embarcadère a présenté L’affaire Dusssaert, une création originale de Jacques Mougenot sous la forme d’une conférence théâtralisée entre one-man-show, stand-up et symposium sur l’art contemporain. En effet, l’acteur Jacques Mougenot a invité le public à entrer dans le monde de l’art contemporain en présentant le parcours artistique du peintre Philippe Dussaert, à l’origine de la fameuse affaire Dussaert en 1991.Il présente un nouveau concept, celui de l’après en projetant les œuvres de l’artiste : Après la Joconde (tableau qui illustre le paysage sans la Joconde), après Le radeau de la Méduse (sans ses occupants)… Le tout représente une série de 19 réalisations pour arriver à l’œuvre suprême : L’après tout ou Le rien.
À la mort de l’artiste, une vente aux enchères est organisée pour vendre ses œuvres. La question essentielle est donc bien de savoir si Le rien est une œuvre d’art ? Mensonge ou réalisme ? Vérité ou canular ?
Toutes ces interrogations surlignent et transpirent pendant la durée de la conférence et l’acteur nous embarque dans un voyage artistique semé de questions fondamentales avec humour, ironie, dérision, impertinence et une parfaite jubilation non feinte de l’acteur.
Jusqu’où l’art peut-il aller ? Ce spectacle est-il une mystification ?
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Le Mediateaseur
Depuis 2 jours, le Théâtre Ranelagh propose à son public le spectacle L’affaire Dussaert de et avec Jacques Mougenot.
En février 1991, la vente publique de la dernière œuvre de Philippe Dussaert (1947-1989) crée la controverse au sein du monde de l’art contemporain. Avec une jubilation d’interprète non feinte, Jacques Mougenot mène ici l’enquête et répond avec humour à toutes les interrogations que l’art contemporain et ses dérives suscitent chez le profane.
Un spectacle inattendu, drôle, corrosif et réjouissant qui a obtenu en 2011 le Prix Philippe Avron décerné par la Fédération des Festivals d’Humour et la SACD.
L’affaire Dussaert de et avec Jacques Mougenot, Théâtre Ranelagh (Paris 16ème), du mercredi au samedi à 21h et le dimanche à 17h, jusqu’au 2 juin (relâche les 4 et 5 avril et les 5, 9 et 24 mai).
Réservez vos places pour ce spectacle.
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Les cahiers du rire
L’affaire Dussaert est sans nul doute la plus grande imposture que l’art contemporain n’ait jamais connue !
Jacques Mougenot nous en dresse le tableau comme personne. Nous avons affaire sur la scène du théâtre du Ranelagh à un vrai spectacle-conférence mettant à l’honneur le peintre contemporain Philippe Dussaert. Jacques Mougenot met en exergue les quelques toiles dont il a pu obtenir les droits de diffusion, un catalogue ayant été diffusé à la fin d’un vernissage mais aussi des critiques de l’époque. Il faut reconnaître que l’affaire Dussaert a fait couler beaucoup d’encre, bien que ses œuvres ne soient pas encore tombées dans le domaine public : nous n’en trouvons donc que peu de traces accessibles au grand nombre.Maître-conférencier et orateur, Jacques Mougenot est un artiste très réfléchi qui endosse différents rôles tous plus complexes les uns que les autres pour nous amener à son dénouement inattendu qui donne lieu à une vraie réflexion sur notre société. Ce comédien s’impose en véritable roi de la digression. Cette technique oratoire approuvée permet à l’auteur de dilater son discours et nous divertir au sein d’une rhétorique somme toute explicative, tout en portant notre attention sur la forme plutôt que sur le fond. Cet effet inhabituel de la digression nous détourne de notre propre réflexion, ce qui confère à l’artiste son aura de brillant conférencier un brin manipulateur.
Le spectacle est extrêmement bien ficelé, cadré déjà depuis longtemps, et nous ne pouvons saisir l’étendue de sa subtilité qu’une fois la représentation terminée. Le choix de la mise en scène reste la sobriété mais la qualité de la prestation est telle qu’il n’est pas nécessaire d’effectuer des jeux scéniques supplémentaires qui deviendraient superflus. Cependant, cette conférence déroutante manque un peu de rythme et il ne faudrait pas la faire durer plus longtemps.
Jacques Mougenot, dans sa démarche discursive, soulève un questionnement de fond sur l’art contemporain. Il nous amène là où le mensonge et la réalité s’entremêlent. À mi-distance entre culture et divertissement, le concept de spectacle est brillant.
Que vous soyez amateur d’art contemporain ou un de ses plus fervents détracteurs, vous apprécierez cette représentation inventive. Où se situe donc l’imposture ? Jusqu’où l’art peut-il aller trop loin ?
L’affaire suscitée par la vente publique de la dernière œuvre de Philippe Dussaert (1947-1989) donne l’occasion à Jacques Mougenot d’évoquer avec humour les dérives de l’art contemporain. Un spectacle inattendu, drôle et réjouissant.
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Montreur d’ours
Heureuse complicité de l’intelligence & du rire
Je me fais la très normale obligation de vous souligner un spectacle où le sourire de l’humour alterne avec le rire libérateur toute la soirée, sans jamais discontinuer. C’est tellement rare que j’insiste : on y rit ou on y sourit sans cesse. Et cette allégresse qui revient par vagues ininterrompues porteuses d’un message intelligent concerne le snobisme accompagnateur d’une partie de l’art contemporain et les mots complices qui l’accompagnent. Un véritable régal pour l’esprit.Il s’agit de L’affaire Dussaert et évidemment de Jacques Mougenot, son auteur qui est également son propre interprète. Le rodage de ce spectacle qui se termina au Festival d’Avignon en 2010 et 2011 avait été couronné du premier prix Philippe Avron, lequel n’est pas une mince récompense.
Époustouflant monologue sous la forme d’une sérieuse conférence, sa reprise parisienne mérite un hommage sans flagornerie mais également la discrétion sur sa chute qui est celle d’un homme de théâtre averti et cultivé. Il a effectivement su soigner tous les détails de son originale prestation et mérite par conséquent de garder son « deus ex machina » jusqu’à la fin.
Posez-vous simplement la question essentielle : « Saurais-je différencier d’emblée une véritable œuvre d’art d’une peinture du dimanche ? »
Si vous concluez modestement qu’on trouve les premières dans les galeries d’art et les grands musées internationaux, il faut vous précipiter au Théâtre du Ranelagh pour avoir une réponse moins sommaire. Néanmoins, dans tous les cas de figure, y compris si vous êtes un connaisseur averti et sincère, je vous recommande de voir ce spectacle car en même temps que vous y serez des spectateurs heureux, vous apprendrez le langage sophistiqué des bluffeurs par les mots et une autre approche de l’art que notre panurgique et trop souvent naïve considération.
Ses extraits d’une revue de presse complaisante sont absolument jubilatoires. Je le cite : « L’absence d’œuvre préfigurait son œuvre qui est (…) peut-être l’œuvre de l’absence » ou « Une œuvre singulière et séduisante, terriblement ludique, qui bouscule les notions convenues de tradition et de modernité pour être puissamment contemporaine ».
Enfin, avant un brillant finale en compagnie d’Alexandre Dumas et du peintre Delacroix, vous entendrez cette perle de sophistication attribuée à une distinguée galeriste soutenant jusqu’au bout son artiste : « Il n’a cessé de se dépouiller de sa personnalité d’abord, de son savoir ensuite puis enfin de son apparence de chair pour finir par ne faire qu’un avec son œuvre de néant. » Étonnant… non ? aurait dit Pierre Desproges.
Ne manquez pas ce bonheur de scène.
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Nicole Bourdon
« Qui se souvient de l’affaire Dussaert qui jeta un pavé dans la mare déjà trouble du monde de l’art contemporain en 1991? … Jacques Mougenot nous en explique les arcanes et nous instruit en nous amusant. »
Cette présentation ayant aiguisé ma curiosité, impatiente de voir comment l’auteur et interprète s’y prend pour faire cohabiter deux mots a priori antinomiques – conférence et amusant – je me rends donc au théâtre du Ranelagh.
La conférence commence. Tout y est, la carafe et le verre d’eau indispensables à tout conférencier et documents divers, ainsi qu’un écran.
Le ton aussi, avec parfois hésitations, silences, ruptures, lectures de notes.
En prologue, présentation de l’artiste, sa vie, son œuvre, pour en arriver à l’affaire proprement dite.
Donc une conférence. Mais pas du tout classique en dépit des apparences.
Car Jacques Mougenot nous balade avec un talent fou, un savoir-faire bluffant et une totale maîtrise de son sujet de digressions absurdes en parenthèses inattendues, de contresens insensés en réflexions impertinentes, de commentaires farfelus et incorrects en questionnements philosophiques, égratignant au passage l’art contemporain, le public snobinard, les critiques d’art aussi bien que les politiques. Bref, c’est hilarant, jubilatoire, très incorrect, truffé de trouvailles paradoxales et complètement farfelues qui amènent souvent le public au bord du fou-rire.
Je ne vous raconterai pas le spectacle en lui-même pour vous en laisser tout le plaisir de la découverte mais si vous voulez en voir un original, qui ne ressemble à aucun autre, à l’humour décapant qui pose cependant des questions essentielles : la place de l’art contemporain ou quand une œuvre devient-elle une œuvre d’art, courez voir L’affaire Dussaert, ce n’est pas pour rien que lui ont été décernés en 2007 le prix du public de Dax et en 2011 au festival d’Avignon Off le prix Philippe Avron.
Nicole Bourbon
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PaperBlog
L’affaire Dussaert, et par Jacques Mougenot au Théâtre du Ranelagh
C’est le syndrome du garagiste… Vous cherchez un garagiste, ou un boulanger, ou une cabine téléphonique… vous tournez en rond de longues minutes qui vous paraissent des heures. Et puis quand vous en avez trouvé un, voilà qu’ensuite vous en voyez à chaque coin de rue. Depuis ma découverte du Silo de Marines, je suis chaque jour « confrontée » à l’art contemporain. Après Peggy Guggenheim, c’est aujourd’hui L’affaire Dussaert, et je sais que bientôt j’irai voir Pollock. Sans parler des expositions comme Ever Living Ornement dont je rendrai prochainement compte.J’ai un avis mitigé sur ce spectacle, cela me serait difficile de le cacher. Le texte est très intéressant, le parti pris de mise en scène, une pseudo-conférence, l’est également. L’auteur et comédien est parfait. Alors ?
A cour
Un grand écran. Au jardin, une petite table recouverte de velours avec une carafe et un verre d’eau. On nous promet de faire toute la lumière sur une « affaire » (montée de toutes pièces) qui ébranla le monde de l’art contemporain. Voilà ce que nous promet le « pitch » :Qui se souvient de l’Affaire Dussaert qui jeta un pavé dans la mare déjà trouble du monde de l’art contemporain en 1991, alors que les médias étaient accaparés par la Guerre du Golfe ? Sous la forme d’une conférence-théâtre entre satire et comédie, Jacques Mougenot nous en explique les arcanes et nous instruit en nous amusant car l’histoire de Philippe Dussaert (1947-1989), plasticien à l’origine du mouvement vacuiste dans les années 80, et l’affaire que suscita la vente publique de sa dernière œuvre, sont l’occasion pour l’auteur-acteur de répondre avec humour, pertinence et impertinence, à toutes les questions que se pose aujourd’hui le profane en face de l’œuvre d’art contemporain.
Prétexte à brocarder l’avant-garde, le minimalisme à outrance, devenant l’inaperçu, autant dire « rien ». Un canular de plus ou de moins… avec intelligence, humour, un emploi judicieux du champ lexical culturel. De belles références à Marcel Duchamp, Van Gogh, Monet, Alexandre Dumas, Delacroix… et Jean Cocteau, l’inévitable invité « people » du siècle dernier. Ne disait-il pas qu’il y a des mensonges qui sont des vérités ? Alors pourquoi un avis mitigé pour une pièce qui a tout de même reçu le Prix Philippe Avron au festival d’Avignon Off 2011 et le Prix du public au festival de Dax 2007 ? Étant donné qu’on a compris la mystification, il n’y a aucune surprise. Or le spectateur du XXIe siècle est tellement habitué aux retournements de points de vue qu’il finit ici par en attendre un tant et si bien qu’à la fin… la non-fin devient presque surprenante.
Jacques Mougenot nous en prévient : il y a des choses drôles qui passent inaperçues.
Je me suis demandée si, sur scène, le comédien ne fourmillait pas d’impatience. Je suis sûre qu’il aurait eu la répartie qui convenait si quelqu’un s’était levé le traitant d’imposteur, ou exigeant des explications complémentaires… J’ai failli un instant me lancer.
Du 7 au 28 juillet 2012, l’affaire sera de nouveau à l’affiche du Off du Festival d’Avignon, peut-être aux 3 Soleils, 4 rue Buffon… Mais j’ai un doute car le site du Théâtre ne prévoit pas cette affaire à 13 h 55. Un coup monté ? Il me semble en tout cas que là-bas, en Avignon, la proximité géographique du public exigerait quelques aménagements. Mais je peux me tromper. L’art contemporain est tellement sujet à caution !
Ce sur quoi je suis toujours admirative à chacune de mes sorties au Ranelagh, c’est sur la beauté des plateaux des tables de bistrot du théâtre. Je m’y connais un peu en mosaïque et je trouve celles-ci très créatives. Les initiales TR sont artistiquement intégrées. Elles méritent votre attention.
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Paris sur scène
LE THEATRE DU RANELAGH Nous propose « L’Affaire Dussaert » de et par Jacques Mougenot qui évoque avec humour les dérives de l’art contemporain : une affaire suscitée par la vente publique de la dernière œuvre de Philippe Dussaert (1947-1989).
L’idée de ce spectacle est née de la rencontre entre Jacques Mougenot – Comédien – et Peggy D’Argenson – Galeriste, Critique d’Art, qui exposa et promut l’œuvre de Philippe Dussaert.
Le spectateur est réellement séduit par l’histoire et la personnalité de Philippe Dussaert, Plasticien et initiateur du mouvement « vacuiste » dans les années 1980, mais surtout par l’affaire que suscita sa dernière œuvre, mais qui est passée sous silence par l’actualité du moment (guerre du Golfe).
Jacques Mougenot aborde cette histoire sous forme de pseudo-conférence, brillante d’inventivité, pour nous engager à nous interroger sur le marché de l’art contemporain qui légitime un statut indû de certaines œuvres particulièrement ridicules. Et ce, avec la complicité des critiques et des institutions.
Jacques Mougenot nous tient en haleine durant une heure trente sans que le spectateur ne sente le moindre ralenti de ce spectacle. Rires, fous rires et même plus grâce à l’humour qui va jusqu’à la logique de l’absurde : un excellent moment de théâtre.
Humour, intelligence, philosophie sont toujours au rendez-vous.
La fin du spectacle est un nouveau coup de théâtre. Jacques Mougenot revendique la valeur révélatrice de l’art dramatique : Philippe Dussaert n’a jamais existé en tant qu’artiste peintre. Mais si le canular a parfaitement fonctionné, c’est bien parce que le spectateur y a reconnu beaucoup de vérité.
Un spectacle inattendu, drôle et réjouissant pour évoquer les dérives du marché de l’art contemporain.
A VOIR SANS MODERATION.
François Berry
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Sorties à Paris
Conférence Spectaculaire
Je m’en suis souvenu, presque dès le début, j’avais déjà vu cette conférence spectaculaire, il y a quelques années au Théâtre du Petit-Hébertot. Et j’y avais même pensé en allant découvrir « La Sublime Revanche » au 20ème Théâtre. Il en résulte du même modus operandi, dont je ne vous dirais rien, pour le plaisir de vous en laisser la surprise.Jacques MOUGENOT en est l’auteur et l’interprète. Il a eu plusieurs récompenses avec ce spectacle, notamment lors de la première édition du Prix Philippe Avron, et j’imagine fort bien comment ce comédien aurait apprécié cet univers.
Si vous voulez savoir jusqu’où l’art peut aller trop loin, toutes les réponses, et ce qu’il vous faut savoir, sont depuis ce soir et jusqu’au 2 juin à 21H00, au délicieux Théâtre Le Ranelagh, que je connais depuis l’enfance et qui n’est pas étranger à ma passion de la scène.
La belle affiche de l’AFFAIRE DUSSAERT est l’œuvre de Léo Kouper.
Une agréable et très souriante soirée.
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Théatre Acteurs
Conférence de Jacques Mougenot
Seul en scène, Jacques Mougenot se présente à nous comme un conférencier. Le décor se résumera à quelques projections d’œuvres dont il veut nous parler. Nous découvrirons de prime abord un Radeau de la Méduse pour le moins dépouillé car chaque fois, le peintre dont il est question entend nous délivrer un message dont la direction va vers une forme d’épure qui fera de lui le chef de file incontestable et unique, du mouvement vacuiste.Mais qui était donc Dussaert ? Le spectateur tout penaud fouille désespérément dans sa mémoire tout en regrettant vivement d’avoir éteint son smartphone qui lui permettrait d’interroger (en douce) Wikipédia. Comment avons-nous fait pour passer à côté d’une œuvre aussi subversive ?
Le conférencier nous consolera en précisant que la Guerre du Golfe occupait alors tous les esprits. N’importe, un tel génie ne saurait passer inaperçu ! Du reste, un ministre de la Culture ne s’y trompera pas, dommage que nous ne puissions mettre un nom sur sa perspicacité …
Notre curiosité sera tenue en haleine jusqu’à la fin et nous apprécierons tout au long du spectacle l’humour pince-sans-rire du narrateur. C’est habile, d’une réelle subtilité et pour une fois que l’on prend plaisir à être ignorants, on trouve que décidément, cela a passé trop vite !
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Theothea
Au-delà de la vraie fausse conférence sur le peintre Philippe Dussaert et « l’affaire » médiatique
Que sa succession déclencha en raison d’une préemption de l’État, lors de la vente aux enchères de son œuvre « Après Tout », le comédien Jacques Mougenot stigmatise la crédulité à tous les niveaux d’une société devenue panurgique, à force de vouloir se distinguer.C’est, bel et bien, la problématique de l’élite révélant ses intentions latentes de conserver, coûte que coûte, ses prérogatives dans tous les domaines, en sachant que le registre culturel est son territoire de prédilection, car c’est précisément avec les mots que pourrait, « ex nihilo », se définir et s’évaluer « le rien ».
Ainsi, à peine goguenard, le conférencier, style passe-partout, fait mine de ne pas toucher à autre chose qu’à la thématique du jour, à savoir l’histoire d’un scandale à tiroirs dans le marché de l’Art où, en fin de course, une somme exorbitante d’argent public a failli rester en possession des ayants droit, alors que l’État entrait en possession d’une œuvre intangible dont la seule matérialisation consistait en un acte de vente reconnu par tous les experts !…
Bien évidemment, toute cette histoire pourrait être issue d’un cerveau affabulateur mais, précisément, parce que la vie artistique de Dussaert paraît vraisemblable, y compris jusque dans son travail de faussaire faisant disparaître toute figure humaine des chefs-d’œuvre de l’histoire de la peinture, la conscience du public porte, aisément, un crédit sans faille à cette fable hyperréaliste.
Celui qui fut, à juste titre, surnommé « Le peintre à la gomme », puisqu’il était même capable de reproduire « La Joconde » sans Mona Lisa, ne peut que séduire l’imaginaire des spectateurs et c’est pourquoi, Jacques Mougenot, en mettant les rieurs de son côté, n’a pas été le dernier à avoir perçu l’impact de ce créneau sociétal, porteur de messages subliminaux à décoder, bien entendu, au mieux de l’esprit critique.
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toute la culture
Analyse de l’œuvre de Dussaert
Point n’est besoin de vivre longtemps ni d’avoir produit beaucoup d’œuvres pour être célèbre. En quarante-deux années d’existence et vingt créations, Dussaert nous prouve qu’être artiste relève avant tout d’un discours sur l’art, d’une réflexion sur ce qu’est être un artiste de nos jours plutôt que sur une production abondante. En dépit des apparences de copiste qu’il a revêtu de son vivant, l’artiste spécialisé dans la discrétion s’est fait une belle réputation d’original doté d’une vision unique qui va très au-delà des apparences. Faut-il avoir vu pour croire? L’éternelle problématique posée par St Thomas refait une fois de plus surface.Nous sommes pris très vite par ce monologue sur l’art contemporain qui s’essaie à le définir et par la manière dont l’affaire Dussaert illustre les problèmes qu’il pose. La liberté laissée aux artistes contemporains leur permet de faire « tout et n’importe quoi » et pose la question des limites même de l’art. Le propos est teinté d’humour, de réflexion, d’interrogations et d’exemples.
La vie de Dussaert est décortiquée de plaisante manière avec des remarques désopilantes sur son expérience d’artiste. Après la copie d’œuvres d’art célèbres, Dussaert se lance dans l’œuvre-référence, il peint des toiles s’inspirant de tableaux universellement connus en partant de leurs arrières-champs pour les mettre sur les devants de ses créations. Autrement dit, il donne le rôle principal à ce qui était secondaire, il déplace le centre d’intérêt des peintures, il le transpose pour faire évoluer notre regard.
Surprenante démarche que cette pièce explicite remarquablement bien. Les reproductions en noir et blanc des œuvres célèbres et de leurs reprises par Dussaert, insérées dans le livre, nous permettent de voir le résultat. Pour La Pie de Monet, par exemple, la variante entre les deux toiles est si infime qu’elle n’en est que plus réjouissante et met oh combien en évidence le talent tant de peintre que de copiste de Dussaert mais aussi l’intelligence subtile de ses transformations, son sens du détail. Il a su observer, voir au-delà des toiles les plus fameuses, regarder dans le hors-champ, élargir les peintures, faire des zooms en arrière ou en avant comme dans sa reprise des Epoux Arnolfini de Jan Van Eyck.
Concernant Après tout, la dernière œuvre de Dussaert, la question se pose de savoir s’il y a œuvre d’art et si l’on peut vendre du rien avec un discours, c’est dirons-nous l’éternelle question du commerce, tout comme on semble ici nous vendre une conférence sur l’art comme une pièce de théâtre, une conférence avec des coups de théâtre mais bien un monologue sur l’art. Donc ce livre pose non seulement la question des limites de l’art en ce qui concerne la peinture mais aussi dans le domaine du théâtre. Elle pose également la question des limites du commerce : peut-on acheter « rien » et même se battre pour l’acquérir? La valeur de l’acquisition, nous ne pouvons même pas parler d’« objet acquis », est alors psychologique et non matérielle. Dommage que Dussaert n’ait pas vu la bataille suscitée par son œuvre ou plutôt tant mieux puisque sa volonté était d’être dans l’effacement. Nous pouvons émettre la théorie qu’avec Après tout, c’est Dussaert lui-même qui était mis en vente et acquis, ce qui lui confère ainsi une immortalité artistique.
Un sujet actuel et passionnant que nous attendons avec impatience de voir représenté au théâtre du Ranelagh avec l’auteur de la pièce, Jacques Mougenot (photo ci-dessus et ci-contre) dans le rôle titre, du 29 mars au 2 juin 2012. Cette pièce est jouée depuis 2002 par Jacques Mougenot et a rencontré un très vif succès depuis sa création. Après Corot, Jacques Mougenot s’est plongé avec passion dans la vie d’un artiste emblématique d’une période phare.
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Fous de théâtre
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288 / 2 000 words
Affaire Dussaert
Nous nous connûmes plus réactifs… Près de quatre cents dates déjà pour cette « Affaire Dussaert », à côté de laquelle nous étions jusqu’à présent passés et dont les représentations s’achèveront le 5 janvier. Une savoureuse et malicieuse « conférence » signée Jacques Mougenot s’interrogeant, nous interrogeant, sur les frontières parfois ténues entre l’art contemporain et la malhonnêteté intellectuelle, voire le foutage de g… absolu, prenant appui sur le travail d’un plasticien qui provoqua en son temps ires et passions.« L’affaire Dussaert », c’est la polémique déclenchée par l’œuvre ultime de Philippe Dussaert, fondateur du mouvement vacuiste disparu en 1989, intitulée « Après Tout » et ne représentant… Rien ! Ou plutôt le vide. Une œuvre impalpable, invisible, inexistante, puisque n’étant constituée d’aucune matière (ni peinture, ni toile, ni cadre), qui fut vendue aux enchères en 1991 après la mort de son créateur au prix de 8 millions de francs et préemptée par l’État français. Le gouvernement d’alors ne tarda pas à se voir accusé d’avoir gaspillé les deniers publics… L’issue de l’affaire, que nous vous laisserons le plaisir de découvrir au théâtre, ne manquant pas de saveur.
Afin de nous relater ces événements, tenter de définir l’art, et percer les mystères de son marché, Jacques Mougenot a donc mené une enquête extrêmement poussée, compulsé une épaisse documentation, rencontré de nombreux acteurs du milieu, dont la galeriste représentant le peintre sus-évoqué… Sur le plateau des Mathurins, il nous balade, multipliant les anecdotes, avec une gourmandise communicative et un esprit poil à gratter, dans un monde dont nous confesserons ici tout ignorer (ou presque), illustrant son propos de quelques toiles, avant de tirer une conclusion surprenante, jubilatoire et on ne peut plus théâtrale.
Bien vu. Drôle, intelligent, mordant, efficace, le moment est à ne pas manquer.
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Froggy’s delight
Satire humoristique écrite et interprétée par Jacques Mougenot
Après avoir dévoilé sur scène le mystère de « La création du monde » et percé le secret du temps avec son opus littéraire intitulé « La machine à démonter le temps », Jacques Mougenot, comédien accompli, romancier et auteur dramatique à la plume qui manie le verbe avec autant de subtilité que d’humour, propose au spectateur d’explorer les arcanes d’un microcosme aussi fascinant que fermé au commun des mortels et parfois à l’entendement même, celui de l’art contemporain.Pour ce spectacle qui, comme il l’annonce in limine, n’est pas un spectacle même s’il comporte des choses spectaculaires, il use de la forme de la conférence non pas de manière docte et didactique mais pragmatique par l’exemple.
Ainsi a-t-il choisi d’exposer à l’assistance ordinaire d’un théâtre, donc composée aussi bien de néophytes et d’amateurs éclairés que de férus d’art, les tenants et aboutissants d’une fameuse affaire, de surcroît exemplaire, « L’affaire Dussaert » – du nom du peintre chef de file et unique représentant du vacuisme – qui a, en son temps, défrayé la chronique non seulement culturelle mais politico-financière car quand il est question d’art il est souvent également question de gros sous.
Pour en restituer la substantifique moelle artistique et les rebondissements qui ont nourri une intrigue digne d’un polar culturel à la Iain Pears, le conférencier livre, avec un sens consommé du suspense, les résultats de l’enquête personnellement menée en empruntant les mocassins du Huron de Voltaire et la casquette de Rouletabille.
Le talent et le génie, la définition de l’œuvre d’art, le vide et le rien, le concret et le philosophique, la démarche discursive et le geste artistique, la signifiance du nonsigne, le marché de l’art, la politique culturelle des musées, autant de thèmes abordés dans ce spectacle impertinent et drôle à la trame ciselée dont le fil rouge est un humour à froid omniprésent manié par un conférencier malicieux.
Excellant dans le maniement de la prosodie comme dans l’impertinence de la narration et l’art du récit, qu’il livre de manière savoureuse et jubilatoire, Jacques Mougenot offre un intelligent divertissement satirique pour alimenter la réflexion sur la notion d’œuvre d’art sans se prendre trop au sérieux.
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RegArts
Analyse de l’art contemporain par Jacques Mougenot
L’art contemporain, snobisme intellectuel, spéculation réservée à une élite financière, supercherie, voire canular…? Autant d’allégations interrogatives auxquelles Jacques Mougenot tente d’apporter une réponse en disséquant les tenants et aboutissants de »L’affaire Dussaert », dont les rebondissements passèrent inaperçus dans les médias, éclipsés à l’époque par la guerre du Golfe.Philippe Dussaert (1947 – 1989), peintre radical, initiateur du mouvement vacuiste dans les années 1980, a acquis sa célébrité par la série »Après ».
Il déclencha la polémique avec sa dernière œuvre intitulée »Après tout », exposée dans une galerie du Marais; l’exposition se révéla être celle du néant, puisque la galerie était totalement vide…
En 1945, l’art moderne fait place à l’art contemporain sous l’égide de Marcel Duchamp, inventeur du Ready Made qu’André Breton définissait comme »un objet usuel promu à la dignité de l’objet d’art par le simple choix de l’artiste ».
Les courants les plus radicaux vont alors voir le jour, ouvrant la porte à toutes les provocations et la notion de beauté laisse place à la spéculation.
Jusqu’où l’art peut-il aller trop loin? Pour nous éclairer, Jacques Mougenot, auteur et comédien qui n’en est pas à son coup d’essai, a astucieusement écrit et conçu son spectacle comme une conférence aux allures d’enquête, dont je ne vous révèlerai pas la conclusion surprenante, pour laisser le mystère et la surprise jouer leurs rôles.
Notre conférencier est génial, il fait preuve de beaucoup d’humour, le rythme est soutenu, quelques projections des œuvres de l’artiste viennent planter le décor.
Ce spectacle, primé au festival d’Avignon 2011, est le triomphe du paradoxe du réalisme mis au service du surréalisme; c’est original, habile, subtil, jubilatoire. Ne ratez pas cette occasion d’aller vous distraire tout en tranchant la question : Est-ce de l’art ou du cochon…?
Tanya Drouginska
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Le Dauphiné Libéré
Avec maestria, l’auteur-acteur Jacques Mougenot illusionne le public. Documents, critiques d’art, projections d’œuvres… Jacques Mougenot a livré vendredi à la salle des fêtes tant de preuves d’une enquête sans faille sur l’existence de ce Philippe Dussaert que le doute n’est pas permis.
Madame d’Argenson, galeriste, qui fit sortir de l’ombre ce peintre vacuiste, n’hésitera pas à présenter « L’Après tout » où il n’y a rien mais qui trouva acquéreur.
L’auteur a livré en fin de spectacle les clés de ce monologue truffé d’ironie :
C’est avec des mots, pas seulement dans l’art contemporain, qu’on essaie de nous faire prendre des vessies pour des lanternes ; c’est avec des mots que « rien, tout à coup, devient quelque chose ».
Manieur de mots, Jacques Mougenot a entraîné le spectateur dans une mystification jubilatoire, avec ce spectacle intitulé « L’affaire Dussaert ». Les Chemins de Traverse ont une fois de plus atteint leur but en venant à la rencontre du public du Haut-Chablais, qui s’est laissé prendre au jeu faux-vrai, qui est le plaisir d’un bon texte de théâtre. -
Rue du théâtre
L’art contemporain a ses dérives. Mougenot navigue sur l’une d’elles. Avec une cargaison de jeux de mots et le lest d’un bon brin de mauvaise foi. Mougenot auteur, Mougenot acteur, Mougenot orchestrateur : il s’est mis en scène dans un de ses textes en endossant le rôle du conférencier enquêteur. Cette trinité, comme celle de la religion, ne va pas sans ambiguïté dans un spectacle qui est annoncé drôle.
Mais, voilà, un conférencier, parfois c’est ennuyeux. Surtout s’il s’attarde sur des détails infimes, des anecdotes plus ou moins signifiantes, des circonstances chronologiques, des causes et des conséquences en cascade et même des digressions. Et là, l’acteur Mougenot joue parfaitement son rôle.
Alors le spectateur se demande s’il est venu entendre une causerie ou voir un comédien. Il se le demande assez longtemps. Il hésite. Il va et vient dans des hypothèses. Mais s’il est patient, il aura, du moins l’espère-t-il, la solution à la fin. En attendant, il reçoit les informations à propos d’un artiste contemporain qui lui est inconnu. Il suit sa carrière. Il apprend sa théorie esthétique : celle du rien. C’est assez loin des variations subtiles sur ce concept par Raymond Devos dans son sketch « Parler pour ne rien dire ». Mais il est intéressant de se rendre compte de ce paradoxe : même le rien peut être lourd.
Il écoute l’orateur (enfin, l’orauteur) agencer sa démonstration avec force arguments qui s’attardent sur des dérives de la création contemporaine. Il y a là un soupçon de populisme qui va dans le sens des idées toutes cuites du grand public peu au fait des évolutions artistiques. C’est un peu facile, un peu chargé. Pourtant, l’auteur-interprète (comme disait Desproges) se défend de n’être qu’un enquêteur à charge.
Bref, la narration se poursuit, s’étoffe, use de quelques images projetées qui valent mieux, bien sûr, que de longs discours. L’histoire grossit. Elle ridiculise les galeristes, les critiques d’art, les institutionnels liés aux musées et au Ministère de la Culture. Certes, elle cite des faits troublants dans l’histoire de l’art. Quoique séparés de leur contexte véritable. Il y a ici, encore une fois, moins de subtilités que dans la pièce, elle aussi assez ambiguë, de Yasmina Reza, « Art » où trois amis discutaient à n’en plus finir à propos d’un monochrome blanc.
Alors, en fin de compte, après cette démonstration, que reste-t-il de la création contemporaine ? Est-elle sincérité ? Est-elle escroquerie ? À chacun d’en rire ou de s’en désoler, d’y adhérer ou de la rejeter. La réponse semble néanmoins être : en ce cas, nul art.
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Vivant MAG
Critique de Spectacle : L’Affaire Dussaert
Ce spectacle traitant d’art contemporain tourne avec succès depuis plusieurs années, et je voulais voir cette approche iconoclaste dont on m’avait dit le plus grand bien.
Jacques Mougenot, seul sur scène avec pour seul décor un rétroprojecteur et une chaise, nous présente l’affaire Dussaert, du nom de l’artiste français méconnu Philippe Dussaert, mort prématurément (1942-1988), et dont l’œuvre a marqué le monde de l’art, par un jusqu’au-boutisme absolu. Je ne connaissais pas son travail pourtant très intéressant !
Illustrant ses propos de quelques peintures de l’artiste, puisant de nombreuses citations dans les publications spécialisées et de ses échanges avec Mme d’Argenson, critique et galeriste renommée – et protectrice de l’artiste -, il nous raconte le scandale suscité par la vente publique de la dernière œuvre de l’artiste en 1991 (en pleine guerre du Golfe, c’est pour cela que c’est passé inaperçu).
Et c’est de façon très efficace à travers cette « affaire » Dussaert, que Jacques Mougenot nous parle d’art et dénonce un certain nombre des dérives de l’art contemporain. Il nous parle plus particulièrement de celles de l’art conceptuel, illustrant ses propos de nombreux exemples, rappelant aussi qu’une œuvre d’art aujourd’hui ne se juge plus sur des critères esthétiques, de talent, ou de tout autre critère utilisé auparavant. Pour lui, le seul critère, c’est le discours qui entoure l’œuvre.
Il aborde alors une question qui traverse tout l’art depuis près d’un siècle : « qu’est-ce qu’une œuvre d’art ? » Il égratigne, n’épargnant personne, critiques, artistes, institutions, snobs et érudits, et il nous instruit, nous étonne, nous fait rire, parfois vachard, parfois plus léger, il raconte les anecdotes surprenantes… et sans en rajouter, car l’art contemporain a déjà beaucoup de potentiel pour cela !
Alors oui, on peut s’interroger sur le canular de l’art, et il nous en fait une belle démonstration en clôture de son spectacle ! À l’image de la question posée dans le sous-titre du spectacle, « jusqu’où l’art peut-il aller trop loin ? », mêlant ironie et humour potache, il dénonce avec intelligence et drôlerie des mécanismes qui semblent avoir perdu tout contrôle et tout sens.
Un spectacle qui connaît un très beau succès depuis plusieurs années et que nous vous recommandons de découvrir pendant le festival.
Eric Jalabert
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Est Républicain Verdun
L’art au service de l’humour
Représentation de « l’Affaire Dussaert »
C’était la 510e représentation de « l’Affaire Dussaert » que jouait l’auteur et comédien, Jacques Mougenot, vendredi soir au Grenier Théâtre. La 500e avait été fêtée au festival d’Avignon.
Dans les années 80, un certain Philippe Dussaert défraya la chronique avec les premières œuvres de ce que l’on nomma le mouvement vacuiste. Son œuvre maîtresse, aboutissement de son art, n’existe pas. La galerie parisienne où elle fut exposée était donc vide. Plus de trente ans après, Jacques Mougenot revient sur le destin de ce peintre, mort à 42 ans, aussi singulier qu’émouvant, avec une conférence pleine d’humour, de connaissances et de science. Jubilatoire, salubre et culturellement incorrect.
Un spectacle qui réserve bien des surprises et de nombreux coups de théâtre. Toute une affaire traitée avec humour ! Ce qui est également tout un art !
Ce spectacle a reçu le prix Philippe Avron au festival d’Avignon Off de 2011 et le prix du public au festival de Dax de 2007.
La dernière séance de l’Affaire Dussaert, de et par Jacques Mougenot, a lieu aujourd’hui à 15 h au Grenier Théâtre, 37 rue du Fort de Vaux.
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Gabriel Szapiro
La meilleure pièce de tout le Festival d’Avignon 2012 : L’affaire Dussaert ou « quand l’Art contemporain trouve son maître incontesté… du rire et de l’absurde »
Comment, vous ne connaissez pas Philippe Dussaert ? Un des plus grands, sinon le plus grand artiste contemporain qui, avec son œuvre « Après Tout », a rejeté au fond de l’abîme tous les autres peintres.Il suffit pour s’en convaincre de suivre Jacques Mougenot, qui magistralement interprète un conférencier rappelant les dessous de l’Affaire Dussaert.
Si vous avez aimé Art de Yasmina Reza, vous serez séduit par l’intelligence, l’absurde et le génie de Jacques Mougenot.
Dans le catalogue de l’artiste Philippe Dussaert, vous découvrirez les commentaires doctement rapportés par Jacques Mougenot : « On touche avec Dussaert à la plénitude du vide… », ou encore « on est dans le signifiant du nonsigne ».
Vous vous délecterez du récit de Peggy d’Argenson, galeriste et critique d’Art qui, folle d’amour pour Dussaert, lui voue une dévotion sans borne. Et puis, vous découvrirez l’escroquerie postmoderniste de la vente d’« Après Tout », œuvre maîtresse de Dussaert, qui suscite tant de commentaires… sans oublier d’autres tableaux tels que « Après la Joconde », intitulée parfois « la Joconde est dans l’escalier »…
À tous ceux et celles que l’Art contemporain interpelle, et aussi à ceux et celles que l’Art dévoyé par un discours abscons dérange, n’hésitez plus : courrez voir cette pièce, saluée par la critique. Elle a obtenu le prix d’humour Philippe Avron en 2011. Vous serez captivé par la maestria de Jacques Mougenot qui, avec sobriété, élégance et humour, vous fera vivre une Conférence mémorable. Plus jamais, vous ne regarderez l’Art contemporain avec un regard soumis aux codes d’une élite en mal d’hermétisme mondain.
Jacques Mougenot fut pour moi le comédien le plus talentueux du Festival de Théâtre d’Avignon 2012.
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Je beurre ma tartine
Créée en 2002 par Jacques Mougenot, son auteur, metteur en scène et unique comédien, « L’affaire Dussaert » mérite aujourd’hui que j’en esquisse la critique, tant par l’enthousiasme que cette œuvre a suscité que par les réflexions qu’elle soulève.
Un homme entre en scène. Costume et tabouret, table avec de nombreux ouvrages et catalogues. Voilà les seuls accessoires. Nous ne verrons pas un spectacle aujourd’hui, nous signale le personnage, mais plutôt une conférence. Celle-ci se consacrera alors à la présentation de l’œuvre de Philippe Dussaert, peintre éminent et avant-gardiste, radicalement contemporain, ainsi qu’à l’affaire dont il a fait l’objet.
Cette dernière, en effet, mérite bien une telle mise en scène, tant par les remous artistiques qu’elle a engendrés que par la crise juridique qui en a suivi. Pourtant, l’homme se présente plutôt comme un non-instruit-à-l’art-contemporain, sensibilisé tardivement à ses problématiques. C’est en néophyte curieux de l’œuvre de l’artiste Dussaert qu’il tente de saisir, avec le soutien des « gens du milieu ». Bien vite, il comprend alors qu’il est plutôt question d’une démarche. Car, c’est bien cela, la création d’avant-garde contemporaine…
Aussi, je m’arrêterai là dans la présentation de ce projet, dont la plus fidèle évocation réside tout simplement dans le fait d’être vue.
Parler d’art contemporain et le comprendre, comme nous le savons, n’est pas un exercice simple. Il semble exiger une connaissance de l’histoire de l’art ainsi que du milieu de la création contemporaine, et même de devoir se cacher derrière des termes flous, très spécialisés, et s’éloigner toujours plus du commun des mortels. Aussi, le premier miracle de cette œuvre est sans doute d’avoir réussi à parler d’un sujet aussi pointu aux amateurs comme aux parfaits étrangers du domaine.
Le second miracle est de rire et de faire rire d’un monde si complexe, si inaccessible, si opaque, qu’il en devient parfois ennuyeux ou dédaigneux.
Et enfin, le troisième est certainement de savoir achever son propos sur un réel enthousiasme, et un optimisme certain sur la force de la création artistique.
Cette œuvre est un tout construit, parfait, un projet cohérent. Malheureusement, je ne peux davantage argumenter, de crainte de vous divulguer l’issue de cette fameuse affaire Dussaert… Intelligence, humour, et simplicité de la forme sont les plus belles qualités de ce projet, j’espère que vous me croirez !
Post-scriptum : Sachez que j’ai d’abord eu quelques doutes quant à la crédibilité de la représentation… en voyant son affiche ! Il me paraît essentiel de le signaler : en tant qu’étudiante en arts graphiques, j’espère pouvoir dire que l’affiche de « L’affaire Dussaert », si elle ne dessert pas l’œuvre qu’elle est supposée promouvoir, en dit peu sur l’intelligence et la richesse de cette dernière. Le vieux dicton selon lequel l’habit ne ferait pas le moine n’a jamais eu autant de sens à mes yeux qu’en sortant de cette pièce. Aussi, je vous souhaite une surprise aussi agréable que la mienne !
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Reg’Arts
Vous vous souvenez ? Cherchez bien ! C’était en 91, pendant la guerre du Golfe ? Non ? … Faut dire que les médias avaient d’autres chats à fouetter que de dénoncer un scandale lié à l’Art contemporain … « même si dans ce domaine on voit aussi beaucoup d’horreurs » ! Et pourtant quelle affaire ! C’est à ce récit d’escroquerie intellectuelle et financière que Jacques Mougenot, l’auteur et narrateur, convie une salle comble depuis le début du festival.
Après un préambule retraçant l’histoire de l’Art contemporain depuis Marcel Duchamp et son porte-bouteille jusqu’aux œuvres picturales d’un chimpanzé exposées actuellement à Berlin, le conférencier rentre dans le vif du sujet : Philippe Dussaert, sa vie et son œuvre à l’origine du mouvement vacuiste des années 80. Tout y passe, son enfance, sa santé, ses mécènes, les articles des critiques d’art de l’époque jusqu’à son chef-d’œuvre ultime « Après tout », qui va déclencher le scandale chez les uns, la plus grande admiration chez les autres mais surtout la fameuse « affaire ». Mais là, le silence s’impose tant la suite mérite d’être dévoilée en « live ».
À travers l’histoire « abracadabrantesque » et très documentée du peintre et plasticien Philippe Dussaert, Jacques Mougenot dénonce avec humour et brio les dérives de l’Art contemporain. Ironique, intelligent, drôle, ce récit happe le spectateur du début à la fin et on n’a juste qu’une folle envie en sortant : raconter à notre tour l’affaire tant elle est « surréaliste » !
Patricia Lacan-Martin
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Angélique Média-Presse
Jacques Mougenot, auteur et interprète de cette pièce, relate les dérives de l’art contemporain, à travers l’histoire de Philippe Dussaert. Ce peintre plasticien (1947-1989) se fait connaître dans le mouvement de la vacuité, c’est-à-dire, le vide. Très effacé, il se spécialise dans l’effacement. Il efface tout d’abord la Joconde de Léonard de Vinci pour n’en garder que le fond du paysage, de même pour le Radeau de la Méduse et d’autres œuvres tout aussi célèbres.
Il enlève au passage l’adhésion sans faille de Peggy d’Argenson, critique d’art, qui le porte au sommet. Vient enfin son œuvre majeure « Après tout » qui efface la peinture du support et qui va même jusqu’à supprimer le support lui-même. Évidemment, cela nous laisse perplexes mais nous entraîne dans une réflexion approfondie sur le sens de l’art contemporain.
« La différence essentielle, elle relève du concept : l’auteur nous fait remarquer que Klein expose du vide, tandis que Dussaert expose du « rien ». Le néant devient un concept ! »
Entre les critiques, le public et le galeriste, s’ensuit un ballet de commentaires et de critiques qui mettent en évidence les dérives de l’art contemporain, le tout sur fond de Guerre du Golfe. S’ensuivent des enchères ahurissantes et totalement folles qui amènent les plus grands musées à se battre pour acheter « Après tout ». C’est le MoMa de New York qui gagne, contré immédiatement par la préemption des Musées Nationaux. « Ce sont donc 8 millions de l’argent public qui sont dépensés pour « Rien ».
La réflexion suivante porte sur les dépenses publiques en matière d’investissement artistique. Il me semble me souvenir d’ailleurs qu’il y a quelques années, un musée avait acheté une œuvre d’art représentant un crouton rassis. Cela posait aussi la question de la conservation de l’œuvre.
De même ici, comment transporter « Après tout » qui en fait n’est « Rien ». Comment justifier de son existence ? Peut-être à travers une preuve d’achat, un testament officiel ? Sinon, comment s’imaginer la véracité de cette œuvre ?
Jacques Mougenot a collaboré à deux monographies d’artistes. Il nous fait découvrir les méandres et les coulisses des pratiques liées au monde de l’art. D’opaques, elles deviennent plus que ridicules ou critiquables, jouant sur la naïveté et l’ignorance des amateurs non éclairés. Tous les rouages du système sont minutieusement décryptés.
Ce monologue est présenté à la façon d’une conférence-débat avec un public invisible mais connaisseur. Est-ce nous ce public qui regarde la pièce ? Ou s’agit-il d’un autre public qui est censé être venu pour écouter une conférence ? La réflexion est pertinente, teintée d’humour, ponctuée de références artistiques. Le doute s’installe, le public est subjugué, suspendu aux lèvres de ce conférencier qui n’en est pas un. Comment avons-nous fait pour passer au travers de « l’Affaire Dussaert » ?
Ce monologue brillant qui ne juge en rien les pratiques mises à jour mérite d’être écouté pour nous faire prendre conscience de la beauté d’une œuvre artistique. Celle qu’elle représente pour vous. Et si « l’Affaire Dussaert » était elle-même une œuvre d’art ?
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La rue du bac
Avez-vous entendu parler de l’affaire Philippe Dussaert ?
Philippe Dussaert est le fondateur du mouvement « vacuiste ». Il déclencha une polémique avec sa dernière œuvre “Après tout”, représentant le vide… Une création invisible à l’œil nu, exposée dans une galerie, devant des visiteurs enthousiastes ou dubitatifs…L’œuvre fut vendue aux enchères à 8 millions de francs en 1991, mais l’État français la préempta afin qu’elle reste en France. Jacques Mougenot mène l’enquête et lui consacre au “Petit Montparnasse” une conférence qui nous emmène sur les traces du peintre disparu en 1989.
Il nous propose de décrypter avec finesse et humour le monde de l’art, affublé de documents, de catalogues et d’articles. Il nous entraîne dans le monde illusoire du marché d’Art. Une pièce intelligente, brillante et surprenante, dont l’issue vous surprendra ! Mais chut…
Interprété & Mis en scène par Jacques MOUGENOT
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Le petit Bulletin
Villard-Bonnot, vendredi 18 mars à 19h. Après plus de 600 représentations, « L’affaire Dussaert » débarque à l’Espace Aragon de Villard-Bonnot. Soit une conférence théâtralisée sur l’art contemporain et ses dérives qui, sur le papier, avait tout pour être un pamphlet réac indigeste. Mais qui se trouve être beaucoup plus que ça. On en cause avec son concepteur Jacques Mougenot.
Aurélien Martinez
Comment vous est venue l’idée d’écrire un texte sur l’art contemporain ?
Jacques Mougenot : Je suis un passionné de peinture. J’avais d’ailleurs déjà écrit une pièce sur la peinture dans les années 1990, qui parlait de Corot. À la suite d’une rencontre avec une galeriste d’art contemporain, j’ai eu envie de parler de ce sujet et de cette affaire emblématique qui résume à elle seule beaucoup d’autres…
Vous évoquez ainsi le cas Philippe Dussaert, peintre associé au mouvement vacuiste…
Oui, même si le mouvement vacuiste n’est pas officialisé comme tel, c’est un critique qui a suggéré cette dénomination. Dussaert est un peintre que tout le monde connaît sans le connaître grâce à ses fameuses copies de chefs-d’œuvre sans les personnages, comme la Joconde sans la Joconde… Après, il a fait cette œuvre radicale où il n’y avait plus rien du tout dans la galerie. C’est là que l’affaire a éclaté, en 1989, quand cette œuvre a fait l’objet d’une vente aux enchères : c’était la première fois qu’une œuvre immatérielle faisait l’objet d’une vente publique en France. Même s’il y en a eu d’autres depuis…
Votre récit n’est pas neutre, la pièce étant même sous-titrée « Jusqu’où l’art peut-il aller trop loin » : vous avez ainsi une vision critique de l’art contemporain…
Oui, tout à fait. Je demande ce qu’est une œuvre d’art, à partir de quand la définissons-nous ainsi… Des questions qui avaient déjà été posées par Marcel Duchamp quand il exposait ses « ready-mades » il y a plus d’un siècle. Mais il n’y a pas que ces interrogations-là auxquelles je tente de répondre. Il y a par exemple celle sur ce qui fait la valeur d’une œuvre d’art – la spéculation, des critères artistiques ? Plein de questions que le profane se pose souvent.
Votre pièce connaît un grand succès public. Mais comment a-t-elle été accueillie par ceux qui évoluent dans le monde de l’art contemporain ?
Plutôt favorablement parce que ce n’est pas une charge contre l’art contemporain. Au contraire, c’est un plaidoyer, pour la peinture notamment. Mais si c’est une charge, c’est plutôt une charge contre les systèmes culturels, contre le marché spéculatif de l’art, contre certaines politiques culturelles… J’ai eu l’occasion de jouer ce spectacle dans les foires d’art contemporain, devant des galeristes et des artistes : aucun ne se sent visé !
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Sortiz
En février 1991, en pleine guerre du Golfe, peut-être n’avez-vous pas fait attention à l’Affaire Dussaert ? Jacques Mougenot, auteur, comédien et ancien élève de Jean-Laurent Cochet, est sur la scène du Petit Montparnasse pour nous la rappeler.
C’est durant un monologue d’1h15, sous forme de conférence, que le comédien remonte le fil du temps, à la découverte par la galeriste Mme Peggy d’Argenson de l’artiste plasticien Philippe Dussaert, initiateur du mouvement « vacuisme » dans les années 80, jusqu’à la vente publique de la dernière œuvre de l’artiste ayant pour titre « Après tout » au prix de 8 millions de francs. Pas mal comme enchère pour du « vide » !
Très drôle la projection sur écran d’une série de tableaux réalisés par l’artiste qui a trouvé « un bon filon », à savoir ôter d’un tableau célèbre, les personnages pour n’en peindre que la copie du décor et l’intituler par exemple « Après la Joconde », « Après le déjeuner sur l’herbe », etc. : un peu comme si les personnages s’étaient sauvés pour ne laisser que le fond ! Jacques Mougenot nous livre, avec beaucoup d’humour, les secrets du monde de l’Art contemporain, et pose aujourd’hui les questions qui s’y rapportent avec des références à Marcel Duchamp, Monet, Delacroix … L’auteur de cette conférence théâtrale connaît bien son sujet : d’ailleurs, il a déjà écrit une pièce sur Corot et a collaboré à 2 monographies d’artiste. On n’est pas sans penser à la pièce écrite par Yasmina Reza, « Art », jouée en 1994 qui traitait, entre autres, aussi du snobisme et du scepticisme face à l’Art contemporain.
Mais plus le temps s’écoule et plus cela « sent » le canul’ar(t) ! Mme Peggy D’Argenson, cette galeriste qui a inspiré ce monologue au comédien, n’est-elle pas « une copie » de la vraie Peggy Guggenheim, célèbre collectionneuse de tableaux et mécène ? Et Philippe Dussaert n’est-il pas un disciple de Soulages, d’Yves Klein ou même de Duchamp ? « Après tout », qu’importe ! Un conseil ? Empruntez la charmante allée qui mène au Petit Montparnasse, pour en savoir un peu plus ou presque « rien » sur les œuvres d’art contemporaines ! À signaler tout de même que cette pièce est jouée depuis 2002, a été traduite en plusieurs langues et a obtenu plusieurs prix ! « Après tout, ce n’est pas rien….
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Toute la culture
Note de la rédaction : 5 étoiles !
Jacques Mougenot propose dans un seul en scène un très beau texte sur l’art contemporain. Prix Philippe Avron de l’humour 2011. Prix du public au Festival de Dax 2007.
Jacques Mougenot vient seul face à nous, un petit bureau à sa droite, un vidéo projecteur à sa gauche. Nous sommes à une conférence, une conférence sur l’affaire Dussaert. Nous ne savons s’il faut connaître Dussaert. Cette question, sommes-nous supposés connaître l’artiste, crée en nous une légère tension coupable. Le splendide texte servi par le talent de l’auteur fera le reste pour saisir notre attention captive et captivée.
Dussaert est un peintre qui, avant de connaître un succès international, fut un simple copiste. À travers une enquête, en interpellant régulièrement le public soucieux qu’il est de vérifier que nous avons bien tout compris, Jacques Mougenot interroge la question générale de l’art contemporain. Il nous parle de la peinture contemporaine dans ce qu’elle est parfois une combine spéculative, peut-être une escroquerie. On pense à François Morrellet célébré au Mac Val, ou au Balloon Dog de Jeff Koons adjugé pour 58 millions de dollars, et à tant d’autres.
L’histoire fabuleuse imaginée par Mougenot fonctionne comme un adynaton où l’absurde est repoussé jusqu’au centre comique d’un ombilic où nous cheminons durant la pièce.
En fin de carrière, Dussaert et sa galeriste commercialiseront ce qui ne constitue presque plus rien. Est-ce encore de l’art ou pas ? La conférence est drôle, instructive, décapante. Une drôlerie jubilatoire que la contrainte de ne rien spoiler nous empêche d’en témoigner ici.
Mougenot évite par un texte rigoureux l’écueil du discours populiste. Son propos ne constitue pas la revanche des laissés pour compte du sérail du marché de l’art contemporain. Il y a spéculation souvent, exagération parfois, mais Mougenot explique, explore, instruit et nous enchante. Les catalogues des expos ont-ils recouvert le geste des artistes ? Les littérateurs et les marchands ont-ils eu les peintres ? Peut-être.
Extraits : car c’est un peu le danger avec l’art contemporain quand on n’y connaît rien, on ne sait jamais si on est en face d’une œuvre… son père est fonctionnaire des douanes, ce n’est pas très utile de savoir ça, études à Lille, on s’en fout… Il est singulier de remarquer que cette absence d’œuvre préfigurait son œuvre tout entière, l’œuvre de l’absence… le vide de Klein n’était pas l’aboutissement de sa démarche artistique, il a continué à travailler, Dussaert lui, si j’ose dire : après, il n’a plus rien fait…
C’est avec des mots qu’on fabrique le mensonge quotidien. Mais c’est aussi avec des mots que le discours devient quelque chose. Mougenot nous entraîne dans sa pseudo-conférence, sa fausse enquête, dans sa pièce de théâtre. Sous la question de l’art contemporain apparaît sa réflexion sur le théâtre contemporain. La phrase de Cocteau reprise dans la pièce : l’art est un mensonge qui dit la vérité rappelle la phrase de Jouvet : au théâtre, tout le monde ment.
Les mots ne suffisent jamais, il y a toujours un reste. Mougenot, écrivain, aime tant les mots qu’il voudrait s’en passer. Avec sa générosité, il nous invite à partager ses mots et son théâtre. On y va.
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Webmag TV
Note de la rédaction : 4 etoiles !
Jacques Mougenot, auteur et interprète de cette pièce, relate les dérives de l’Art contemporain, à travers l’histoire de Philippe Dussaert. Ce peintre plasticien (1947-1989) se fait connaître dans le mouvement de la vacuité, c’est-à-dire, le vide. Très effacé, il se spécialise dans l’effacement. Il efface tout d’abord la Joconde de Léonard de Vinci pour n’en garder que le fond du paysage, de même pour le Radeau de la Méduse et d’autres œuvres tout aussi célèbres. Il enlève au passage l’adhésion sans faille de Peggy d’Argenson, critique d’art, qui le porte au sommet. Vient enfin son œuvre majeure « Après tout » qui efface la peinture du support et qui va même jusqu’à supprimer le support lui-même. Évidemment, cela nous laisse perplexes mais nous entraîne dans une réflexion approfondie sur le sens de l’Art contemporain.
« La différence essentielle, elle relève du concept : l’auteur nous fait remarquer que Klein expose du vide, tandis que Dussaert expose du « rien ». Le néant devient un concept ! Entre les critiques, le public et le galeriste, s’ensuit un ballet de commentaires et de critiques qui mettent en évidence les dérives de l’Art contemporain, le tout sur fond de Guerre du Golfe. S’ensuivent des enchères ahurissantes et totalement folles qui amènent les plus grands musées à se battre pour acheter « Après tout ». C’est le MoMa de New York qui gagne, contré immédiatement par la préemption des Musées Nationaux. « Ce sont donc 8 millions de l’argent public qui sont dépensés pour « Rien ».
La réflexion suivante porte sur les dépenses publiques en matière d’investissement artistique. Il me semble me souvenir d’ailleurs qu’il y a quelques années, un Musée avait acheté une œuvre d’art représentant un crouton rassis. Cela posait aussi la question de la conservation de l’œuvre. De même ici, comment transporter « Après tout » qui en fait n’est « Rien ». Comment justifier de son existence ? Peut-être à travers une preuve d’achat, un testament officiel ? Sinon, comment s’imaginer la véracité de cette œuvre ?Jacques Mougenot a collaboré à deux monographies d’artistes. Il nous fait découvrir les méandres et les coulisses des pratiques liées au monde de l’art. D’opaques, elles deviennent plus que ridicules ou critiquables, jouant sur la naïveté et l’ignorance des amateurs non éclairés. Tous les rouages du système sont minutieusement décryptés.
Ce monologue est présenté à la façon d’une conférence-débat avec un public invisible mais connaisseur. Est-ce nous ce public qui regarde la pièce ? Où s’agit-il d’un autre public qui est censé être venu pour écouter une conférence ? La réflexion est pertinente, teintée d’humour, ponctuée de références artistiques. Le doute s’installe, le public est subjugué, suspendu aux lèvres de ce conférencier qui n’en est pas un. Comment avons-nous fait pour passer au travers de « l’Affaire Dussaert » ?
Ce monologue brillant qui ne juge en rien les pratiques mises à jour mérite d’être écouté pour nous faire prendre conscience de la beauté d’une œuvre artistique. Celle qu’elle représente pour vous. Et si « l’Affaire Dussaert » était elle-même une œuvre d’Art ?
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Syma
Fidèle au Festival d’Avignon, la pièce de Jacques Mougenot revient cette année avec son esprit toujours aussi savoureux. À la fois drôle et pertinente, elle propose aux spectateurs de porter un regard lucide sur les dérives de l’Art Contemporain.
Le coup de génie du peintre Dussaert
En maître conférencier pragmatique et éloquent, Jacques Mougenot a choisi d’évoquer l’incroyable histoire du peintre Philippe Dussaert qui, dans les années 80, mit en place l’un des mouvements artistiques les plus rocambolesques : le vacuisme.
Se présentant comme un fervent partisan du « vide », cet homme est parvenu à exposer dans une prestigieuse galerie parisienne une œuvre nommée « Après tout » ne représentant « rien » … Supercherie ? Conceptualisme ? Plaisanterie avant-gardiste ? Telle est la question lancée au public dans cet abracadabrant monologue de Maître Mougenot.
L’Art contemporain et ses dérives
Nous entraînant dans le cercle très fermé des vernissages mondains et des galeries de prestige, l’auteur mène son enquête sur scène pendant une heure et demie. Citations et diapositives à l’appui, il démystifie l’art contemporain au plus grand regret de ses adulateurs.
Effeuillant avec délice les éloges ridicules de certains critiques d’art, il dénonce élégamment les scandales et les dérives de ce monde culturel géré par de perspicaces spéculateurs.
Comment peut-on réellement se pâmer sur « la plénitude du vide » ? Dans quel but un journaliste peut-il faire l’éloge d’un art conceptuel qui ne repose sur rien ? Et que penser, honnêtement, d’une « œuvre » telle que la « fontaine-urinoir » de Marcel Duchamp ou d’un mouvement aussi stérile que le Ready Made ?
Ne soyez pas victimes des canul’Arts !
L’art contemporain abuse. L’art contemporain provoque ! Il défraie la chronique et effraie les consciencieux car aucun critère aujourd’hui ne permet aux néophytes de juger de la valeur d’une œuvre : on ne tient compte ni du talent technique, ni du sens esthétique, ni même de la beauté de l’objet pour l’estimer. Seul prévaut le discours fabuliste ou métaphysique avec lequel on édulcore soigneusement la pièce finale pour mieux la vendre.
Profanes et béotiens, écoutez bien cette prise de conscience que vous offre l’impertinent Jacques Mougenot. Son propos n’est pas de dénigrer l’art du XXIe siècle (même si certains critiques d’art vont le détester), il ne vise pas plus à dénoncer les élites et leur politique culturelle (quoique…). Non, votre conférencier se veut alarmiste face au grand bazar du bluff !
Même si son préambule est un peu long, il cherche à éveiller vos esprits formatés par les mythomanes de l’establishment artistique ! Il est temps de faire table rase des imposteurs, des pseudos artistes et de la démocratisation du médiocre ! Ouvrez vos yeux et vos cœurs, chers spectateurs, sinon vous risquez un jour de devenir vous-même les victimes d’un canul’ART !
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Artiphil’
L’affaire mérite qu’on s’y attarde un peu : Philippe Dussaert, peintre disparu dans les années 90 a marqué l’histoire de l’art d’un ultime geste artistique qu’on ne dévoilera pas ici. Pour savoir ce qui agita le petit monde de l’art contemporain français et international de l’époque, il suffit d’aller écouter la conférence tordante de Jacques Mougenot, auteur et interprète du spectacle, sur cette affaire. Refusant de prendre part au débat qui agite l’art contemporain, l’auteur-interprète n’en dessine pas moins ses limites et ses excès, sans jamais se défaire de son sérieux et de son professionnalisme. A voir ou à revoir !
Pour ceux qui aiment ou qui détestent l’art contemporain -
How often have you asked « What is contemporary art ? »
« Fontaine » (1917) by Duchamp is widely seen as an icon of the twentieth century – really ? It is a urinal; Andy Warhol’s painting « Campbell’s Soup » (1962) to which we all connected because it was so ordinary making a social statement; Jeff Koons’s vacuums cleaners sealed in plexiglass boxes. What about Leonardo da Vinci’s « Mona Lisa » (1503)? Her enigmatic smile continues to influence contemporary art to this day.
« It’s not a show against contemporary art, » states Jacques Mougenot, the author and the sole actor of the play, « It is a question of denouncing the extreme exaggerations, such as the speculation in regards to the art market. »
Jacques Mougenot, a twinkle in his eye, is eager to respond to the mysteries of contemporary art with humour, relevance and impertinence, through the story of the painter Philippe Dussaert (1947-1989) and the affair that prompted the public sale of his latest work. The author raises all the questions posed today by the layman opposite contemporary work of art using the slide projection, various documents and Dussaert’s catalogue.
Have you read critics’ reviews and said « What? » ?
Jubilant, salubrious and culturally incorrect.
Created in 2006 at Petit-Hébertot, L’Affaire Dussaert has been performed by its author more than 800 times, Paris, Avignon and on tour. Translated into several languages, it is also played abroad. The play won the 2011 Philippe Avron Prize at the Avignon Festival as well as the Prize awarded by the Federation de festivals d’humour (Dax 2007 and SACD). -

Avignon et moi
L’affaire Dussaert – Théâtre – Critique – Avignon Off /Pièce: L’affaire Dussaert
Dates: du 3 au 21 juillet, relâche les 9 et 16 juillet
Horaire: 15h35 Durée: 1h20 Lieu: Théâtre Essaïon/
N’avez-vous jamais entendu parler de la prestigieuse affaire Dussaert ?Tellement incroyable qu’elle reste encore inconnue du grand public ? Grâce à Jacques Mougenot et à sa conférence présentée au festival d’Avignon, cette chance vous est aujourd’hui donnée. Cette affaire met en lumière l’histoire d’un artiste surnommé « le peintre de l’inaperçu », Philippe Dussaert. Controversé et mal aimé par ses contemporains, il fait pourtant partie intégrante des peintres du XXe siècle. Il revisite les chefs-d’œuvre à travers des éléments « inaperçus » ou « banalisés ». Le spectacle pose ainsi des questions essentielles : qu’est-ce que l’art ? Quelle est la place de l’art dans notre société actuelle ? Malgré une reconnaissance difficile pour son talent, souvent relégué au titre de « copiste », un événement bouleversant dans sa vie l’amène à réaliser des œuvres novatrices, soutenu par sa mécène, critique et galeriste d’art, Madame d’Argenson.
Dès lors, plusieurs expositions, telles que « Après » et « Après tout », ont lieu dans sa galerie du quartier du Marais à Paris. Bien que l’essentiel de ces œuvres soit vendu, plusieurs critiques remettent en question son art. Les critères de l’œuvre d’art et du marché de l’art sont interrogés. Il s’agit de l’artiste qui confère à l’œuvre son statut à travers son discours. Différent de certains de ses contemporains, Philippe Dussaert est caractérisé comme un artiste « vacuiste ». Ainsi, la pièce de théâtre, ou plutôt la conférence, à travers l’affaire Dussaert, soulève les grandes questions qui paralysent encore aujourd’hui l’histoire de l’art, le marché de l’art, et les droits d’auteur selon les publics et les institutions culturelles. Le vocabulaire de ces milieux résonne à nos oreilles, nous transportant dans cette affaire à travers la préemption des musées nationaux, la conservation du patrimoine ou encore les artistes révolutionnaires.
Eugène Delacroix ne serait-il pas un visionnaire de l’art contemporain ? Cette pièce nous invite à questionner notre vision de l’art et à comprendre intensément l’art
méconnu de Philippe Dussaert. La conférence de Jacques Mougenot s’avère être une exploration captivante, mêlant humour et réflexion, tout en nous confrontant aux défis
et paradoxes du monde artistique. En nous dévoilant les facettes cachées et souvent incomprises de Dussaert, cette pièce nous pousse à reconsidérer les notions
d’originalité, de valeur et d’innovation dans l’art. Elle nous incite à voir au-delà des apparences et à saisir l’essence de la créativité qui, parfois, se dissimule dans
l’inaperçu. Un rendez-vous incontournable pour les amateurs d’art et les curieux de nature, à ne surtout pas manquer !Emmanuel Chaunu
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Madinin’art
L’affaire Dussaert. Théâtre Aimé Césaire, Fort-de-France. 28, 29, 30 novembre 2024
L’affaire Dussaert : une réflexion déconcertante sur l’art contemporain et ses dérives
Le théâtre a toujours été un lieu où la réalité se mêle à l’imaginaire, où les illusions prennent forme pour interroger notre compréhension du monde. Mais quand ces illusions se transforment en contre-vérités, que reste-t-il de notre capacité à penser ? Cette question, fondamentale pour l’art et le théâtre, est soulevée par Jacques Mougenot dans L’affaire Dussaert, une conférence théâtrale qui plonge le public dans les profondeurs d’un scandale artistique où le vide devient une œuvre.
À travers cette performance, Mougenot nous entraîne dans l’histoire d’un peintre français, Philippe Dussaert, dont l’œuvre a fait basculer le monde de l’art contemporain.
Dussaert, ce créateur du « vacuisme », un mouvement artistique aussi énigmatique que son nom, a choisi de repousser les frontières de l’art traditionnel en sculptant le vide, en peignant l’absence. Un geste radical, qui a secoué les certitudes du marché de l’art et des institutions culturelles, au point de menacer les fondements mêmes du système artistique.En nous présentant l’affaire Dussaert, Mougenot s’attaque à la vacuité du discours sur l’art contemporain. Son exposé semble d’abord n’être qu’une conférence académique,
mais peu à peu, l’ironie et la satire se glissent dans ses propos, dévoilant les dérives et la spéculation qui dominent aujourd’hui le monde de l’art. Ce qui commence comme une enquête sur la disparition progressive de l’œuvre devient une réflexion acerbe sur la valeur, l’esthétique, et la sincérité de l’art contemporain. Mougenot, par le biais de son personnage de conférencier, nous fait voir l’invisible, ce qui échappe aux regards habituels, et nous incite à questionner nos propres rapports à l’art.L’un des aspects fascinants de cette conférence réside dans la manière dont Mougenot manipule le public. Le comédien capte rapidement l’attention, en jouant avec nos
attentes, nos connaissances limitées de l’art contemporain, et en nous plaçant dans une situation d’incertitude. Cette tension, née de l’interrogation sur ce qu’il convient de considérer comme une œuvre, nous plonge dans une introspection où l’absurde côtoie le sublime. Les jeux de mots, parfois faciles, parfois subtils, sont autant d’outils pour déconstruire les discours artistiques établis, nous forçant à regarder l’art sous un angle nouveau.Mais L’affaire Dussaert n’est pas seulement une critique de l’art. C’est aussi une réflexion sur le théâtre lui-même. Le personnage de Jacques Mougenot, à la fois enquêteur et narrateur, nous invite à une double lecture : celle de l’art et celle du théâtre, où chaque mot prononcé devient un élément de manipulation. Car, comme le dit Cocteau, « l’art est un mensonge qui dit la vérité », et Mougenot nous montre à quel point le théâtre, comme l’art, peut se jouer de nous pour nous amener à comprendre des vérités inconfortables.
Au final, l’affaire Dussaert, cette conférence qui nous dévoile les dessous du vacuisme, est bien plus qu’une simple satire. Elle nous invite à repenser la place de l’art dans notre société, à questionner ses valeurs, ses dérives, et à confronter nos certitudes. Si la conférence semble parfois absurde, elle est aussi un miroir tendu devant nous, nous montrant à quel point nous sommes prêts à accepter l’impossible au nom de l’esthétique et du marché. Et c’est là toute la force de Jacques Mougenot : nous faire rire et réfléchir en même temps, nous interroger sur nos propres illusions.
À travers cette pièce, il ne s’agit pas seulement de se moquer de l’art contemporain, mais de révéler ses mécanismes, de pointer du doigt la manière dont l’invisible, le vide,
peuvent être vendus comme des œuvres. En nous invitant à questionner ce que nous considérons comme de l’art, Mougenot ouvre une brèche dans le monde fermé du
marché de l’art contemporain, un monde où l’absurde et l’imposture se mêlent à l’ambition artistique. Et peut-être, au fond, que c’est cela, l’essence même de l’art : nous
faire voir ce que nous ne pouvons pas voir, nous inviter à douter, à chercher, à comprendre ce qui échappe à nos certitudes. -

A Nous Paris
Bonne nouvelle en ce début de printemps : ce drôle d’objet théâtral. Conférence, théâtre ou reportage journalistique sur l’art contemporain ? On pouvait craindre le pire, c’est le meilleur qui en sort : une cocasserie burlesque, pertinente et impertinente, salutaire !
Né de la rencontre entre Peggy d’Argenson (galeriste et critique d’art) et Jacques Mougenot (comédien et auteur dramatique), ce spectacle multiforme relate la vie et l’oeuvre singulière du peintre Philippe Dussaert, initiateur du mouvement « vacuiste » dans les années 80. Petit rappel pour les profanes : le plasticien fut l’épicentre d’une incroyable polémique (occultée par l’actualité du moment : la guerre du Golfe), suscitée par sa deuxième et ultime expo intitulée « Après tout ». […] Mougenot s’est emparé de cette affaire avec une jubilation non feinte. Belle occasion d’explorer les pleins et les déliés de l’art d’avant-garde, avec ses dérives, ses absurdités, ses abus. Mais aussi de faire une tête au carré aux snobismes, aux sophismes et idiotismes en tout genres, et de s’interroger sur la critique éclairée ou aveugle. Métaphores aux petits oignons, dialogues travaillés en férocité, notre conférencier dresse avec sagacité un tableau jubilatoire des égarements culturels de notre temps. Avançant à petits points serrés, la narration est admirablement verrouillée. Formidable d’acuité et d’ironie, ce monologue se dévore, et c’est sans qu’il s’y attende que le spectateur, à la dernière scène, se trouve cueilli par un magnifique coup de théâtre. Vous allez être scotchés.
A nous Paris, Janvier 2006 -

Famille Chrétienne
L’art de rien.
Vous ne vous en souvenez sûrement pas mais, en 1991, en pleine guerre du Golfe, le marché de l’art contemporain a été secoué par « l’affaire Dussaert ». Initiateur du « mouvement vacuiste »,
Philippe Dussaert (1947-1989) a commencé à être connu avec sa série de toiles intitulées « Après… » La première, Après Mona Lisa, montrait ce que pût être la scène peinte par Léonard de Vinci après le départ du modèle (forcément, il ne reste que le paysage). Et les suivantes furent peintes selon le même principe. En hommage à son protégé disparu prématurément, la galeriste parisienne Peggy d’Argenson décida de faire une exposition de son œuvre ultime : « Après tout ». […] Sous les dehors d’une conférence rapidement captivante, Jacques Mougenot, seul en scène, nous conte cette histoire que peu connaissent. Et en profite pour dire, l’air de rien, ce que le bon sens est en droit de penser de certaines « œuvres d’art ». Avec une maestria confondante et une justesse de jugement qui sont un régal pour l’esprit.
Cyril Lepeigneux
Famille Chrétienne, du 25 février au 3 mars 2006 -

France Catholique
L’AFFAIRE DUSSAERT est une pièce éminemment réjouissante. Consacrée à l’art pictural contemporain, à ses scandales et à ses dérives, elle se présente sous la forme d’une conférence. Vraie ou fausse, cette conférence ?
Nul ne peut le dire tant le comédien a bien représenté le personnage décrit par cette didascalie « le texte doit être très parlé, très familier, comme celui d’une conférence faite par quelqu’un qui possède son sujet et lit très peu ses notes ». Mais, à divers indices, ceux qui se tiennent au courant de l’actualité picturale se rendent compte qu’il fait plusieurs fois référence à des extravagances réelles. Comme l’histoire de ce chimpanzé peintre. Elle est contée avec autant de finesse que de truculence : « … vous savez par exemple qu’il y a en Allemagne, actuellement – j’ai vu ça à la télé y a pas longtemps – une galerie qui expose, et vend, à prix d’or, et ça marche, des toiles peintes par un chimpanzé… Eh bien, on ne peut pas dénier à ce pauvre animal le titre d’artiste contemporain : d’abord parce qu’il est contemporain (ce qui n’est pas un mince exploit parce qu’un chimpanzé, ça vit à peu près quarante ans, c’est donc deux fois moins contemporain que nous), ensuite, il est artiste puisqu’il étale, avec une spontanéité sans égale d’ailleurs, des couleurs sur une toile (même s’il en met pas mal à côté, mais chaque artiste a ses secrets techniques, ça c’est sa patte personnelle, si j’ose dire). Bien sûr, la peinture qu’il fait ne ressemble pas à celle de Chardin, tant s’en faut, mais elle ressemble à beaucoup de peintures actuelles, c’est confondant ; au point qu’on peut se demander même si c’est vraiment lui qui l’a faite, et s’il n’y a pas là-dessous encore une sombre affaire d’escroquerie. » Et ça continue sur ce ton durant toute la pièce. Qui nous raconte la vie et l’oeuvre de Philippe Dussaert, génie méconnu heureusement débusqué par une galeriste et critique d’art, laquelle le propulsa sous les projecteurs avant que la mort nous ravisse celui dont l’influence, sans son intervention, eût été encore plus décisive que celles de Duchamp et Picasso réunis sur l’histoire de l’art. Que l’on soit féru d’art contemporain ou simple passant devant des œuvres en lesquelles on ne voit qu’un tas de matières peu – ou parfois trop bien ! – identifiables, on est assuré, s’il est vrai que le rire facilite le transit, d’excellemment digérer son dîner en allant voir ce spectacle. L’orateur nous fait partager à la fois la tendresse et l’exigence du passionné pour une discipline dont l’actualité est faite de plus de coups d’éclats que de pinceaux. Tout est dit, mais avec une urbanité et une apparente spontanéité qui trompent leur monde jusqu’à la toute fin de la pièce.
Pierre François
France Catholique, 3 mars 2006 -

L’Indépendant
L’affaire Dussaert, un prétexte pour parler d’art au théâtre.
Auteur, metteur en scène et comédien, Jacques Mougenot est aux « Scènes Ouvertes » des Estivales avec son spectacle inspiré par la vie et l’œuvre du plasticien Philippe Dussaert.
Questions à Jacques Mougenot sur sa création. Jacques Mougenot a créé cette pièce au Théâtre Hebertot. Il est pour cinq jours aux Scènes Ouvertes des Estivales. Il nous accordait un entretien à quelques heures de sa première représentation.
> Comment vous est venue cette idée de spectacle sur Philippe Dussaert ?
Elle m’est venue à la suite d’une conférence à laquelle j’assistais, sur Philippe Dussaert. Une conférence donnée par sa galeriste Peggy D’Argenson qui est elle-même un personnage à la Jacqueline Maillan. La conférence était passionnante et m’a donné envie de faire quelque chose sur ce peintre. J’aime beaucoup la peinture, j’écris pour des peintres, des monographies, des biographies.
> Qui était-il ?
Il était copiste, très doué, un vrai faussaire. Il a réalisé beaucoup de copie pour le cinéma. Il serait peut-être resté copiste s’il n’avait été malade, une sclérose en plaques. La maladie a servi de catalyseur comme pour Proust ou Frida Kahlo.
> Mais c’est un artiste très peu connu du grand public ?
Il est plus connu qu’on ne le pense, surtout par cette toile « Après la Joconde ». Et puis, il y a eu cette oeuvre qui a fait scandale, une oeuvre sur le « rien ». Elle a été mise aux enchères après sa mort, et elle a été préemptée par l’État. Pour la première fois, la Cour des Comptes s’est opposée à cet achat des musées nationaux.
> Qu’est-ce qui vous a séduit, l’homme, l’artiste, l’affaire ?
Je dirais tout. Surtout l’affaire qui est assez symptomatique d’autres affaires dans le monde de l’art contemporain. Elle permet de poser quelques questions. Qu’est-ce qui fait une oeuvre d’art ? Qu’est-ce qui fait qu’un porte-bouteilles devient de l’art avec Duchamp et coûte 15 euros au bazar. Ce qui fait l’art aujourd’hui, c’est surtout le discours qui l’accompagne. J’aborde le marché de l’art, la reconnaissance, l’art et l’argent. Mais tous ces aspects sont abordés avec beaucoup d’humour. En général, cela suscite le débat. De plus, avec Dussaert, sa dernière œuvre posait clairement la question : art ou canular ?
> Êtes-vous devenu un admirateur de l’artiste ?
Au début, j’étais sceptique et en tant qu’artiste, je n’admire pas tellement son oeuvre. Le personnage est très attachant. Si on n’aime pas l’art conceptuel, il ne compte pas. Si on aime, il est l’incarnation de son idée. Le fait qu’il détruise des oeuvres comme la Joconde, par effacement, est une sorte de réaction à sa déchéance physique… Du point de vue psychologique, philosophique, métaphysique, c’est un personnage séduisant.
> Qu’apporte le spectacle à la réflexion du public ?
Je soulève beaucoup de question et je ne donne pas trop de réponses. La plupart des spectateurs sont généralement d’accord. Peut-être que je suis assez flou dans mes conclusions. De toute façon, les avis sur l’art contemporain sont très partagés. Ça permet de dire tout haut ce qu’on pense tout bas. L’art contemporain s’adresse à tout le monde et non pas à une élite ou à quelques intellectuels… C’est un spectacle de salubrité publique, il n’est pas toujours culturellement correct.
> Quelle est la mise en scène ?
Il y a des projections des oeuvres de Philippe Dussaert afin que le public comprenne l’artiste et son travail, je lis des critiques. Il y a un peu de décor, une carafe d’eau sur la table… Comme je me mets dans la peau d’un conférencier, le public ne sait pas si je fais une conférence ou s’il s’agit d’un acteur qui joue un rôle. J’aime beaucoup jouer sur l’ambiguïté, car dans l’art conceptuel, la notion de mensonge est toujours présente. Je suis un comédien qui fait semblant de, d’ailleurs le public est souvent très partagé jusqu’à la fin, il se demande même si le spectacle est du lard ou du cochon.
Propos recueillis par J.M.C.
L’indépendant (Perpignan) – Interview avant le spectacle, 24 juillet 2007 -

Froggy’s delight
Que vous soyez néophyte, amateur éclairé ou passionné d’art, ce spectacle est fait pour vous ! En effet, Jacques Mougenot, l’œil malicieux et la prose allègre, se propose de nous relater, avec force documentation et humour, un des épisodes les plus retentissants de l’histoire de l’art dit « contemporain » : l’affaire Dussaert.
Du nom du fameux peintre Philippe Dussaert, initiateur du mouvement vacuiste dans les années 80, cette affaire éclata en 1991, quelques années après sa mort, lors de la mise en vente, et surtout l’achat par les musées nationaux français, de sa dernière œuvre, qui était également le point d’orgue de sa démarche artistique, intitulée « Après tout », qui avait déjà soulevé une forte polémique lors de son exposition quelques années auparavant.
Mais c’en est déjà trop révélé et mieux vaut en rester là afin de ne pas déflorer le sujet et laisser au futur spectateur non seulement le plaisir de découvrir cette histoire savoureuse mais aussi le soin de se faire une opinion après une salutaire réflexion sur la notion d’œuvre d’art. Cela étant, force est de reconnaître que Jacques Mougenot réussit là un tour de force particulièrement remarquable puisqu’il parvient à nous présenter sous forme satirique, une conférence étonnamment didactique synthétisant les résultats de la très sérieuse enquête d’investigation qu’il a menée, tel un Rouletabille moderne, et qui dépasse le cadre de la simple « affaire Dussaert », pour s’ouvrir sur une très légitime interrogation sur le petit microcosme de l’art.
Impertinent, drôle, ironique et terriblement intelligent, ce spectacle jubilatoire aborde des thèmes d’une actualité récurrente qui ne laissera pas indifférent surtout ceux qui y sont épinglés. Car toute affable qu’elle soit la narration de Jacques Mougenot est émaillée de remarques de bon sens et de bon aloi qui déplairont sans doute à certains potentats à l’origine des dogmes en matière artistique mais raviront le commun des mortels.
Martine Piazzon
Froggy’s Delight, janvier 2006 -

L’Express
Cochonnailles. Dans les années 1980, un certain Philippe Dussaert défraya, voire effraya, la chronique avec les premières œuvres de ce que l’on nomma le mouvement vacuiste. Près de trente ans après, Jacques Mougenot revient sur ce destin aussi singulier qu’émouvant avec une conférence pleine d’humour et de science.
Il pose à sa manière la seule question qui compte : était-ce de l’art ou du cochon ? Il faut dire que des propos savants de l’élégant conférencier monte peu à peu une odeur bien connue. Et si tout cela n’était que cochonnailles ? Pleine d’enseignement et de fantaisie, la soirée suit son cours, finement iconoclaste et plaisante […] Les amateurs de surprises et les pourfendeurs de la pensée unique apprécieront le spectacle. L.L. -

L’Homme Nouveau
Avec une rare intelligence, une courtoisie sans faille et un humour des plus fins, Jacques Mougenot nous fait entrer dans le sanctuaire de l’Art à partir de cet art du visible par excellence qu’est la peinture. Dans une intrigue quasi policière, il pousse jusqu’aux limites du paroxysme cette tendance de l’art contemporain à remplacer la splendeur de l’être par la vacuité du néant.
La pièce interroge le statut de l’apparence, mais elle montre le détournement profond du sens de l’Ecclésiaste opéré par cette idolâtrie du néant. Que reste-t-il quand tout passe ? Rien sans doute de ce qui passe, mais précisément ce qui ne passe pas. Telle est la sagesse de l’Ecriture sainte. A cette sagesse, une certaine philosophie contemporaine a voulu opposer l’absolu du rien comme s’il n’y avait jamais rien eu, comme si l’être même n’était pas. L’Affaire Dussaert nous en donne la preuve.
Pierre Durrande
19 mai 2012 -

La Croix
Un peintre méconnu et réhabilité.
À l’époque, l’affaire fit grand bruit. En l991, lors d’une vente aux enchères, l’artiste Philippe Dussaert livra son œuvre ultime (Après tout), aboutissement de sa démarche créative. […]
On doit à Jacques Mougenot de nous rafraîchir la mémoire et de retracer, sur la scène du Théâtre du Ranelagh, à Paris, la vie et l’œuvre de cet artiste singulier, sous la forme d’une conférence argumentée et détaillée qui tient du reportage et de l’enquête, doublée d’une plongée amusante et ironique dans les vastes questions que posent l’art contemporain et les commentaires délirants qui peuvent l’entourer. […] Les débats autour du « cas Dussaert » furent vifs et virulents. Canulars et mystification pour les uns, vision de génie et exécution de maître pour les autres. Jacques Mougenot puise dans les écrits et souvenirs de Peggy d’Argenson, critique d’art et galeriste, égérie et protectrice de Philippe Dussaert, pour explorer les zones d’ombre de cette ténébreuse affaire dont la conclusion, sur scène, est, elle-même, vertigineuse. Comment « le Peintre de l’inaperçu » a-t-il pu sombrer si vite dans les profondeurs de l’oubli ?
Jean-Claude Raspiengeas -

La Jaune et la Rouge
Dans un tout autre genre, cette fois celui d’une fête de l’esprit, notez l’apparition à l’affiche du Petit Hébertot, de l’Affaire Dussaert, de Jacques Mougenot, dite par lui-même. Une reprise puisque, sur la scène du théâtre de Nesle, il nous aura régalés de cette virulente mais désopilante évocation des divagations de la peinture d’avant-garde et du snobisme qui l’accompagne.
J. Mougenot sait de quoi il parle quand il s’agit de peinture et j’espère bien que vous avez vu son Corot, joué en 1996 et 1997 par la compagnie Jean-Laurent Cochet. Mais dans l’Affaire Dussaert, il aborde une toute autre école de peinture, celle du « mouvement vacuiste », dont le peintre Dussaert fut l’initiateur, hélas peu connu du grand public. Avec une érudition consommée, l’auteur-comédien-conférencier expose en quoi consiste ce mouvement, qui posa la différence, en matière de peinture, entre le vide et le néant, le premier étant réel, le second conceptuel.
Il narre ensuite les extraordinaires répercussions qu’eut, dans le monde de l’art, l’exercice par l’Etat de son droit de préemption lors de la mise en vente par enchères publiques de la dernière œuvre de Dussaert, intitulée « Après tout », œuvre constituant la quintessence même du mouvement vacuiste, puisqu’elle n’existe pas. Un tourbillon d’humour, dit avec un sérieux déconcertant, qu’il ne faut surtout pas manquer !
Philippe Oblin
La Jaune et la Rouge, février 2006 -

La Provence
Avignon, 15 juillet 2011
Est-ce un spectacle ou est-ce une conférence ? On ne peut s’empêcher de se poser la question tout au long de ce brillant spectacle où Jacques Mougenot nous entraîne au cœur de la peinture contemporaine.
Son objectif affiché : nous faire découvrir Philippe Dussaert , grand peintre spécialiste de l’effacement, décrypter pour nous son œuvre hors du commun, et surtout, SURTOUT, nous conter « l’affaire » qui porte son nom. On s’y croirait : Jacques Mougenot campe magnifiquement le spécialiste d’art contemporain avec ses tics, ses digressions, sa condescendance parfois.
Son imagination est fertile, son esprit incisif. Sous couvert d’un intérêt honnête et objectif pour un artiste méconnu, il brosse une critique, très fine mais sans concessions, de la peinture contemporaine et des institutions qui gravitent autour. Un excellent moment !
Virginie BEHAGHEL -

Le Canard Enchaîné
Dette de l’art. Cette entreprise sournoise de démolition de la peinture contemporaine à laquelle se livre, seul en scène, une heure et demie durant, Jacques Mougenot est franchement moche. Qu’en penseront Jack Lang ou Jean-Jacques Aillagon, parmi nos plus ministériels esthètes de l’art ?
Avec cette conférence fort documentée qui tend à réhabiliter la mémoire d’un nommé Philippe Dussaert, provocateur disparu en 1989, il va leur faire beaucoup de peine. Qui était Dussaert ? C’est ce que les ignares que nous sommes apprennent au fil de la représentation. Dussaert est un artiste contemporain. Comment le reconnaît-on ? On ne peut plus dire, depuis longtemps, qu’on reconnaît un véritable artiste à son talent : « Le talent, c’est discutable, nous connaissons tous des artistes contemporains sans talent. Alors quoi ? L’argent ? Il y a aussi des fauchés. « Le sens esthétique ? Non plus. Ça date. »
La beauté, la séduction, le charme, l’harmonie, le travail, le goût de la perfection : « Autant de notions du XIXe siècle. » Un seul mot résume tout : le discours. Si vous n’avez pas de discours, vous ne pouvez pas être un artiste contemporain. Le Dussaert de la pièce en avait un. Entré aux Beaux-Arts de Paris en 1966, mauvaise période, juste avant 68, « il passe des journées entières au Louvre et au Palais de Tokyo ». A copier servilement. C’est là que germe en lui l’idée de sa première exposition en septembre 1981 à la galerie Arcadie, dans le Marais, génialement intitulée « D’après ». Chacune des 19 œuvres exposées est peinte d’après un chef-d’œuvre. Et après lui. Jacques Mougenot a le privilège de pouvoir nous en montrer quelques-uns.
En premier lieu : le célèbre « Après La Joconde », surnommé par un critique aigri « La Joconde était dans l’escalier ». Il s’agit tout simplement du paysage qu’on apercevrait si la Joconde était arrivée en retard à une séance de pose chez Léonard. Y figurait aussi « Après le déjeuner sur l’herbe » d’après Manet. La clairière est vide, parsemée de quelques reliefs de repas. Selon la même technique : « Après l’embarquement pour Cythère » d’après Watteau : de vagues vagues. « Après le radeau de la Méduse » : c’est pas gai. 18 toiles sur les 19 ont été achetées par des musées internationaux, malgré quelques commentaires acerbes de jaloux, qualifiant Dussaert d’artiste « parasitaire, impuissant et stérile ».
Pas une œuvre retenue par un musée français : ce qui prouve notre retard conceptuel. Notre pays, il est vrai, devait se rattraper dix ans plus tard en exerçant un droit de préemption sur le chef-d’œuvre absolu de Dussaert. Allant jusqu’au bout de ses recherches, après l’art minimaliste, le croûtisme et autres « ismes », il avait en effet inventé le vacuisme. Pour en savoir plus, il faudra vous rendre à un prochain vernissage. Sachez seulement, si vous estimez faire partie des profanes, « ces néophytes incapables de juger des qualités d’une œuvre », qu’il y a heureusement des gens qui savent.
« Il y a au ministère, dans les musées, les galeries et même parmi les critiques des gens très compétents qui savent faire la différence. » En payant parfois très cher, comme Yasmina Reza l’esquissait dans « Art ». Sachez aussi que Jacques Mougenot jette là, comme sans y toucher, un regard exceptionnel d’intelligence et de cruelle lucidité sur l’escroquerie postmoderniste à la pensée.
Bernard Thomas -

Le Figaro Magazine
Vous connaissez Philippe Dussaert ? Non ? Vous avez tort. C’est un grand peintre spécialiste de l’effacement. D’ailleurs Jacques Mougenot lui consacre une passionnante conférence au Petit Hébertot.
Il décrypte l’œuvre comme un spécialiste d’art contemporain avec tous les tics des conférenciers, leurs incidentes, leurs digressions, leur componction. Pas de doute : on s’y croirait. Car il a beaucoup de talent, Jacques Mougenot. Et une fertile imagination. Qui n’a rêvé d’un tel canular ? Il faut dire que l’art contemporain s’y prête. Et qu’il n’est pas mauvais de temps en temps – comme Yasmina Réza l’a fait avec Art – de savoir se moquer de certaines exagérations. Bref, le spectacle de Mougenot est très bien. Et son humour vraiment ravigotant. […]
Jean-Luc Jeener
Le Figaro Magazine, 4 mars 2006 -

Pariscope
Comment ça ? Vous ne connaissez pas Dussaert ? C’est une sacrée lacune. Ce grand artiste contemporain, dont les oeuvres ont marqué son époque, n’a pu vous échapper. Il a connu son heure de gloire dès sa première exposition : « D’après… », dont la toile la plus célèbre demeure « Après la Joconde ».
Mais il défraya la chronique avec sa deuxième et ultime exposition, qui fit parler le tout Paris et essentiellement le tout bien-pensant des arts. Comme tout cela se passait pendant la guerre du Golfe, les médias, ayant d’autres os à ronger, passèrent un peu vite sur cet événement majeur. Jacques Mougenot donne un exposé clair et précis sur tout cela, ravivant notre mémoire défaillante. C’est passionnant, fort pertinent et plein d’esprit et d’humour. A ne pas manquer.
Marie-Céline Nivière
Pariscope – Semaine du 25 au 31 janvier 2006 -

Spectacle Sélection
L’art contemporain est un domaine bien étrange où le charlatanisme côtoie le sublime. L’art est un sujet trop sérieux pour être confié à l’état. Le terme déjà d’art contemporain est sujet à caution et à dissertation. Lorsque Léonard de Vinci peignait La Joconde, ne faisait-il pas de l’art contemporain ?
Les distinctions, les subtilités sont multiples : art moderne, avant-garde, non figuratif, symbolique etc… Mais où placer Philippe Dussaert disparu en 1989 ? Dès sa première exposition « d’Après » en 1981, le peintre suscita un engouement qui ne se dément pas. Critiqué, adulé, reconnu, son talent divise. Sa maîtrise picturale est indéniable. En étudiant son oeuvre et l’originalité de ses sujets, on est frappé par son humour.
« L’après Joconde » et les toiles qui constituent cette série, sont l’illustration de son immense talent. Grâce à Jacques Mougenot, on peut voir des diapositives des toiles qui sont parties à l’étranger dans les plus grands musées du monde. Philippe Dussaert était un explorateur de l’imaginaire, une sorte d’archéologue des décors cachés. […] L’affaire Dussaert éclata en 1991. Grâce à l’enquête érudite que mena Rouletabille-Jacques Mougenot, nous pouvons suivre les méandres de ce scandale politico-artistique.
En commentateur intègre, Jacques Mougenot donne la parole aux différents acteurs de ce scandale. En premier lieu à Peggy d’Argenson, la célèbre galeriste qui fut un peu la « Peggymalion » du discret Philippe Dussaert. Notre conférencier enquêteur a même décortiqué le très indigeste catalogue de l’exposition « Après tout ». Jacques Mougenot est un spécialiste de la peinture. Sa précédente pièce Corot nous avait dévoilé le célèbre peintre avec érudition et humour dans une mise en scène de Jean-Laurent Cochet.
Pour évoquer le discret Philippe Dussaert, notre détective artistique a choisi le biais d’une conférence spectacle. Notre conférencier nous fait rêver à ce qu’aurait pu être nos cours d’histoire de l’art. Il possède l’art délicat de la conversation, nous sommes suspendus à ses lèvres. La conférence est passionnante, drôle, déroutante, illustrée par les oeuvres de Dussaert, bizarrement au purgatoire des -média. Le spectacle captivera autant les fervents d’art que les béotiens.
Marie-Laure Attinault -

Sud Ouest
« L’Affaire Dussaert » a fait salle comble CHAMPCEVINEL La salle des fêtes affichait complet samedi soir. Jacques Mougenot, « comédien, auteur dramatique et passionné d’art », présentait sa création « L’Affaire Dussaert », avec une verve inégalable, de l’humour intelligent et à rebondissements.
L’histoire, la personnalité et l’oeuvre du peintre « vacuiste » Philippe Dussaert (dix-neuf toiles figurant « l’existence du néant » et dénonçant « l’illusion des apparences ») expriment « le vide » ou le détail ridicule relevé par l’artiste. Pas assez remarqué en son temps (dans les années 1980), il suscite quand même l’intérêt des critiques et des plus grands musées mondiaux qui achètent ses oeuvres.
Inénarrable conférencier, Jacques Mougenot décrypte la vanité ainsi que les vanités à travers des ironies ou des suggestions. La dernière oeuvre du peintre, largement vantée, intitulée « D’après », dévoile encore mieux les abus d’un certain art contemporain. La commission culture de la commune compte, tout au long des années, sur sa troupe théâtrale La Pièce montée mais elle a offert là, en plus, par son choix, et par l’intermédiaire de Jacques Mougenot une heure et demie de plaisir, partagée par un public enthousiaste.
Éliane Rabot
Sud Ouest (Bergerac ~ Sarlat), mardi 1er décembre 2009 -

Sur les planches.com
Après « ART » de Yasmina Reza et « Musée haut – musée bas » de Jean-Michel RIBES, encore une œuvre sur l’art moderne.
Jacques Mougenot a rencontré la galeriste – Peggy Argenson – qui s’est occupée jusqu’à la fin de Dussaert, et en a tiré cette pièce-conférence, très animée, vivante. C’est intelligent, drôle, pas vraiment de mise en scène ou de décor, à part la projection des œuvres de Philippe Dussaert (1947-1989), parmi lesquelles le paysage de la Joconde sans Mona Lisa, qui avait fait beaucoup de bruit à l’époque, puisque un critique avait déclaré « la Joconde est dans l’escalier » !
Un copiste de génie (?) qui, vous l’aurez deviné, recompose les tableaux de Maîtres, sans les sujets principaux… « La jeune fille à la perle » sans jeune fille, « le déjeuner sur l’herbe » sans les protagonistes, etc… En hommage à son protégé, Peggy Argenson avait décidé de faire une exposition de son ultime œuvre « Après Tout » qui était totalement vide ! Le public et les critiques ont donc été invités au vernissage à voir et commenter des murs nus ! […] La guerre du Golfe à l’époque a balayé cette information…
Sur les planches.com, 26 janvier 2006 -

Théâtre OnLine
De l’art ou du cochon ?
Jacques Mougenot entre sur scène tel le conférencier moyen. Costume anthracite et chemise bleue d’un classicisme de bon aloi, col ouvert, décontracté mais sérieux, sérieux mais déjà la pirouette langagière prête à divertir son assistance.
Le verre et la carafe, les diapositives qui, le moment venu, illustreront cette pseudo-conférence persifleuse sur l’art contemporain en général et le scandale rattaché à l’œuvre de Philippe Dussaert (1947-1989) en particulier. « Jusqu’où l’art peut-il aller trop loin ? » est la question à laquelle le comédien-auteur-metteur en scène s’attache à répondre en détaillant tous les tenants et aboutissants de cette invraisemblable affaire aux portées esthético-ontologiques. Pour ceux qui seraient passés à côté de cette histoire rocambolesque, Jacques Mougenot rappelle que « l’affaire Dussaert » prend sa source à la fin des années 1980, lors de l’ultime exposition du peintre vacuiste organisée par son amie et mécène, la galeriste Peggy d’Argenson.
Après une première série de toiles, peintes en 1981, et revisitant quelque vingt chefs-d’œuvre en en faisant disparaître les personnages (« Après le radeau », « Après la Joconde »…), ce « peintre de l’effacement » décide de mettre un terme à sa production en présentant l’aboutissement de sa recherche artistique : « Après tout ». Allant au plus loin de sa radicalité, Dussaert efface ainsi tout ce qu’il est possible d’effacer et présente une salle d’exposition sans toile, sans dispositif, sans œuvre concrète : le néant. Bien sûr, cette démarche minimaliste, voire nihiliste, compte plus d’un antécédent. Alphonse Allais, en 1883, réalise sa « Première communion de jeunes filles chlorotiques par un temps de neige », œuvre constituée d’une feuille de bristol totalement blanche.
Dans la foulée, il persiste et signe une pièce musicale sans note, la « Marche funèbre composée pour les funérailles d’un grand homme sourd », justifiant la virginité de sa partition par un humoristique « les grandes douleurs sont muettes ». D’Alphonse Allais à Yves Klein — qui expose le vide en 1958, se contentant de peindre les vitres de la galerie Iris Clert de son bleu « IKB » (International Klein Blue) —, en passant par les « ready-made » de Marcel Duchamp, Jacques Mougenot relie l’œuvre de Dussaert à l’histoire des expériences artistiques d’avant-garde et dénonce, tout en faisant mine de ne pas, ce qu’il considère comme des formes de dérive. « C’est avec des mots que rien devient quelque chose », déclare-t-il, « c’est avec des mots que l’on nous fait prendre des vessies pour des lanternes ».
Les amateurs d’art conceptuel apprécieront. Soucieux d’ouvrir les yeux du public sur les dangers de la manipulation, l’apprenti conférencier se pose donc la question de la définition de l’œuvre d’art, sonde le fossé séparant les impostures des véritables actes de création. […] Si Jacques Mougenot ne cesse de répéter, tout au long de son spectacle-conférence, qu’il n’est pas là pour juger l’œuvre de celui que Peggy d’Argenson aurait elle-même qualifié d’ « Hamlet souffreteux et dépressif », il ne manque pas une occasion de darder ses piques à l’endroit des bouffissures intellectualistes, faisant le public se gausser dans une manière de « c’est tellement ça ! ».
Car l’orateur n’a aucune affinité avec l’œuvre de Dussaert. Il finit par l’admettre, très humblement, en fin de discours, non sans avoir une fois de plus avoué qu’il n’est qu’un néophyte en la matière. Mais son avis est clair : il convient de se méfier comme de la peste des raisonnements fumeux et, surtout, des belles mécaniques visant à impressionner ceux qui, comme lui, ne savent pas. A l’issue de cette représentation, le public aura sans doute saisi le danger de ces habiles mystifications. Et c’est là le principal intérêt de ce spectacle non théâtral, dont on peut regretter les accents parfois démagogiques. A moins que l’on ne prenne le parti de ne faire qu’en sourire, en passant sur ces attaques en demi-teinte contre l’art contemporain.
Manuel Piolat Soleymat
Théâtre OnLine, février 2006 -

Webthea
L’art contemporain est un domaine bien étrange où le charlatanisme côtoie le sublime. L’art est un sujet trop sérieux pour être confié à l’Etat. Le terme même d’art contemporain est sujet à caution et à dissertation. Lorsque Léonard de Vinci peignait La Joconde ne faisait-il pas de l’art contemporain ? Les distinctions, les subtilités sont multiples : art moderne, avant-garde, non figuratif, symbolique, etc.
Mais où placer Philippe Dussaert disparut en 1989. Dès sa première exposition D’Après en 1981, le peintre suscita un engouement qui ne se dément pas. Critiqué ou adulé, son talent divise. Sa maîtrise picturale est indéniable. En étudiant son œuvre et l’originalité de ses sujets, on est frappé par son humour. L’ Après Joconde et les toiles qui constituent cette série sont l’illustration de son immense talent. Grâce à Jacques Mougenot, on peut voir des diapositives des toiles qui sont parties à l’étranger, dans les plus grands musées du monde.
Un scandale politico-artistique
Philippe Dussaert était un explorateur de l’imaginaire, une sorte d’archéologue des décors cachés. En étudiant son œuvre inclassable, on découvre son travail étonnant pour l’invisible et sa méfiance pour les évidences. Sa dernière exposition qui suscita « L’Affaire Dussaert » prit racine le 12 décembre 1989 lorsque son œuvre Après tout fut vendu aux enchères à Drouot. […] Grâce à l’enquête érudite que mena Roulletabille-Mougenot, nous avons pu suivre les méandres de ce scandale politico-artistique. En commentateur intègre, Jacques Mougenot donne la parole aux différents acteurs de ce scandale. En premier lieu à Peggy d’Argenson, la célèbre galieriste qui fut un peu la » Peggymalion » du discret Philippe Dussaert. Notre conférencier enquêteur a même décortiqué le très indigeste catalogue de l’exposition Après tout.
L’art délicat de la conversation
Jacques Mougenot est un spécialiste de la peinture. Sa précédente pièce Corot nous avait dévoilé le célèbre peintre avec érudition et humour dans une mise en scène de Jean-Laurent Cochet. Pour évoquer l’énigmatique Philippe Dussaert, notre détective artistique a choisi le biais d’une conférence spectacle. Notre conférencier nous fait rêver à ce qu’aurait pu être nos cours d’histoire de l’art. Il possède l’art délicat de la conversation, nous sommes suspendus à ses lèvres. La conférence est passionnante, drôle, déroutante, illustrée par des œuvres de Dussaert, bizarrement au purgatoire des médias. Le spectacle captivera autant les férus d’art que les béotiens. Nous demanderons à tous de garder le secret sur le dénouement, le coup de théâtre de cette affaire étonnante.
Marie-Laure Attinault
Webthea.com, janvier 2006 -

Les infos (Nouméa)
Les infos (Nouvelle Calédonie) – 21 mai 2010
Pour cinq représentations au Théâtre de Poche [de Nouméa], l’humour était à l’honneur avec « L’affaire Dussaert » de et avec Jacques Mougenot. Une critique jubilatoire et caustique de l’art contemporain, ayant obtenu le prix du public au festival de Dax 2007.
Jacques Mougenot est l’auteur et l’interprète d’un monologue jouissif où il fustige le snobisme et les dérives de l’art contemporain. Le spectacle se présente comme une vraie conférence sur un peintre ayant marqué son époque, le fameux Philippe Dussaert (1947-1989). Un trajet artistique de météore, cependant retracé avec moult digressions, avec un art de la litote, des jeux de mots excellents et une interprétation tout en finesse. Le ton badin du départ fait rapidement place à une ironie fine, puis à une franche rigolade, tout en gardant une ambiguïté, étayée de vérités historiques. Dussaert est le peintre du non-dit, du non-peint plutôt.
S’il avait été artisan, Dussaert aurait fabriqué des couteaux sans manche auquel manquait la lame ; comédien, il aurait interprété Astyanax dans Andromaque, l’Arlésienne dans l’œuvre du même nom ; écrivain, il aurait publié un livre de pages blanches intitulé « Mémoires d’un amnésique » – ce qu’avait tenté avec brio Georges Perec en écrivant « La disparition » (un roman entier sans la lettre E, la plus utilisée dans la langue française). Se moquant des critiques, des « gens qui savent », des politiques culturelles, du marché de l’art, des baudruches gonflées de vacuité et d’une abstraction confinant au trou noir, Jacques Mougenot, dans une performance confondante de réalité, délivre une réflexion jouissive sur notre époque contemporaine qui fait et défait les réputations. Courez-le voir et l’écouter, la sienne n’étant pas usurpée.
Rolross -

Médias Obs
Auteur, comédien et amateur d’art, jacques Mougenot se mue en conférencier pour évoquer un peintre contemporain disparu en 1989 et rapidement tombé dans l’oubli. Quelques mois avant sa mort, lors de son ultime exposition, Philippe Dussaert se contentait de laisser vides les murs de la galerie d’Argenson […]. Avec la malice qu’on lui connaît, Mougenot relate le scandale.
Jacques Nerson
Média Obs, 16 février 2006 -

Paris 17
L’exercice brillantissime de Jacques Mougenot au petit Hébertot pose, dans un spectacle éblouissant d’intelligence, les questions essentielles sur l’art moderne.
Comédien et auteur, Jacques Mougenot appartient à cette élite rare du théâtre qui — de Feydeau à Jean Sarment, Sacha Guitry, Noël Coward, Roussin, Dubillard et Obaldia — sait aussi bien jouer qu’écrire. “L’interprète, dit-il, est plus impartial que l’auteur. Il faut que le comédien oublie qu’il a été l’auteur. Mais je ne serais pas auteur si je n’étais pas comédien. Cette double identité induit une certaine façon de jouer la comédie.” Sa première pièce, consacrée à Corot, avait été mise en scène par Jean-Laurent Cochet, son professeur de comédie. Cette réflexion sensible sur la peinture se prolonge, aujourd’hui, par un spectacle étourdissant de subtilité, d’humour et d’intelligence dont il assume l’unique rôle sans en être, pourrait-on dire, le principal protagoniste.
Paradoxe ? Non, privilège, plutôt, du dramaturge qui inscrit son œuvre dans la lignée des moralistes réjouissants, savoureux et toniques : Alphonse Allais, Courteline, Guitry et Anouilh. Il y a surtout, chez Jacques Mougenot, la malice et l’enchantement du théâtre de Marcel Aymé : le goût de la satire dénuée de cruauté, la tendresse railleuse pour ses personnages et la dilection du trompe-l’œil. Ce passe-muraille s’est toqué, comme Marcel Aymé, des récits à double-fond et des jeux d’illusion qu’engendrent parfois nos égarements. Par-dessus tout, à l’instar de son aîné, il se défie du “Confort intellectuel”.
Liberté salutaire
“L’affaire Dussaert”, pose, avec une simplicité et une sincérité déconcertantes, la question obsessionnelle qui hante l’art moderne depuis Duchamp : où commence l’imposture dans l’avant-garde ? Cette interrogation, depuis un certain nombre d’années, dépasse le monde des béotiens et des philistins. Elle sème le trouble chez les meilleurs esprits, dans les coteries fort respectables. Jean Clair, Jean Baudrillard et Yves Michaud s’indignent de la propension de certaines institutions nationales à bénir, en tant qu’œuvres d’art, des installations indignes, parfois, d’un chantier mal tenu… Jean Baudrillard est même allé jusqu’à écrire, au grand dam des bien-pensants : “Les choses obéissent beaucoup plus à une logique du dégoût qu’à celle du goût”.
Depuis que Duchamp a placé au-devant de la scène new-yorkaise ses “ready-made”, roues de bicyclette ou urinoirs dupliqués à plusieurs exemplaires, le principe platonicien, selon lequel la beauté, dans son essence, “rend toutes les choses belles à divers degrés”, s’est estompé devant la prophétie de Kant : c’est seulement par son attribution à son auteur qu’une création devient œuvre d’art. Le mouvement dadaïste, qui bousculait les candidats à la perpétuité académique et cultivait l’insolence comme une hygiène de l’esprit, avait pressenti le péril dès 1920. “Les peintres, les littérateurs, les musiciens croient à l’art comme les pharmaciens croient à la Farine Lactée, écrivait Picabia.
Pourquoi en parlent-ils avec tant de révérences ?” Pour écrire sa pièce — qui raconte, à la manière d’une conférence drôle et souvent émouvante, les déboires d’un artiste “jusqu’auboutiste”, parfaitement honnête dans sa logique extrême, dans les années soixante-dix et quatre-vingt —, Jacques Mougenot a retenu les leçons d’irrévérence de Francis Picabia. Il aurait d’ailleurs pu reprendre à son compte ce mot fameux du turbulent artificier dadaïste : “Si les glaces n’avaient pas existé, croyez-vous que Napoléon aurait imaginé la Légion d’Honneur ?”
Le spectacle du Petit Hébertot n’est pas une charge supplémentaire contre l’art moderne. C’est une invitation à la liberté d’opinion. “Ma pièce, culturellement incorrecte, est une conversation sur cette désincarnation maligne de l’art, sur le terrorisme intellectuel et culturel”, confie Jacques Mougenot. Son texte éclaire finement l’amphigouri des commentateurs, critiques, experts et autres prétendus initiés. Le spectateur n’est pas convié à une dénonciation systématique des errements de l’art, même des extravagances de certaines démarches ; il apprend à mesurer, grâce à une construction dramatique diabolique, à un suspense hitchcockien, les enjeux financiers et politiques de la célébration muséographique de présumés génies.
Au moment où un scientifique américain met en doute l’authenticité de certains tableaux de Jackson Pollock (AFP, le 11 février) et où le trublion Pierre Pinoncelli est condamné par la justice, à l’âge de 77 ans, à payer 200 000 euros pour avoir ébréché, à coups de marteau, à Beaubourg, l’un des huit multiples de l’urinoir de Duchamp (l’original a disparu depuis belle lurette !), une heure de lucidité claire et forte n’est pas superflue. N’a-t-on pas lu, sous la plume d’une sommité de l’art moderne, dans un journal du soir, le 21 janvier ce cri d’indignation : “Détruire l’œuvre de Duchamp est aussi grave que de briser la Pietà de Michel Ange”. Dans un tel contexte, la pièce de Jacques Mougenot fait œuvre de salubrité publique. Il faut y courir d’urgence.
Lucien Maillard
Paris 17, février 2006
Journal d’information du dix-septième arrondissement, -

Objectif Mag
Cette pièce, écrite, mise en scène et jouée par Jacques Mougenot, qui n’en est pas à son coup d’essai, est à ne rater sous aucun prétexte. Cet auteur dramatique, romancier, comédien et metteur en scène, avait déjà frappé un grand coup avec sa pièce sobrement intitulée » Corot « , qui avait fait salle comble entre 1996 et 1998, en France et à l’étranger.
La dernière de cette seconde prolongation de l’Affaire Dussaert aura lieu le 29 avril prochain au Petit théâtre Hébertot. Qui se souvient de Philippe Dussaert, peintre, initiateur du mouvement vacuiste, rapidement tombé dans l’oubli après son décès en 1989 ? Personne ou presque. Pourtant, il eut son heure de gloire que conte Jacques Mougenot avec malice, ironie, cocasserie, intelligence, humour et beaucoup de talent. Bref, c’est là du théâtre comme l’on en voit hélas trop rarement. Il est difficile d’en dire plus sans déflorer le sujet, risquer de mettre à mal le ressort de la pièce et donc de nuire à la fois aux effets du comédien et au plaisir du spectateur.
Disons simplement que Jacques Mougenot s’interroge, et nous interroge, sur le sens de l’art contemporain avec une fine intelligence, sans tout détruire (il y a tout de même quelques grands artistes contemporains), mais sans esquiver les questions délicates, y compris celles du snobisme et de » l’escroquerie postmoderniste à la pensée » pour reprendre l’expression du Canard Enchaîné. Spectacle pour intellectuels, pensez-vous ? Pas du tout ! Le spectateur rit d’un bout à l’autre de cette soirée drôle, instructive et burlesque. L’Affaire Dussaert vaut vraiment la peine d’un voyage éclair à Paris. Au moins comblerez-vous, comme moi, une fameuse lacune dans votre culture.
Gérard de Wallens
ObjectifMag.be, avril 2007 -

Le Quotidien (La Réunion)
Le Quotidien de la Réunion et de l’océan indien. Jeudi 2 mai 2013 – N° 11 858
En ce centenaire du ready made, les émules de Duchamp sont légion qui ont poussé la production artistique dans ses ultimes retranchements. Qu’est-ce qui fait une oeuvre d’art ? Qu’est-ce qui différencie le porte-bouteilles de Duchamp de son homologue de Prisunic si ce n’est l’étiquette et son prix ?
Jacques Mougenot est venu éclairer nos lanternes sans ménager nos vessies au cours d’une conférence théâtralisée qui brouille les pistes en tenant autant du reportage que d’un spectacle qui n’en est pas un. Son propos? Nous parler de la trop méconnue affaire Dussaert, du nom d’un peintre qui s’en fit un en révélant l’envers du décor des grands maîtres. Qu’y avait-il derrière la Joconde ? Que cachaient les couples du Déjeuner sur l’herbe de Manet ? Dussaert, copiste de très haut vol, passa à la postérité en deux temps.
D’abord en exposant une série intitulée «d’Après» (la Joconde, le Déjeuner sur l’herbe etc.) Dix-neuf toiles qui défigurent littéralement autant de chefs-d’œuvre de l’histoire de l’art, ce qui ne manqua pas de déchaîner pros et antis dans un concert cacophonique de critiques. Dix ans plus tard, sa mécène de toujours finit par exposer l’oeuvre ultime de Dussaert. Une oeuvre intitulée « Après tout », jusqu’au-boutiste, puisque totalement dématérialisée. Un grand rien qui s’étalait invisible sur les murs désespérément blancs de la galerie. Un concept ultime qui n’était pas sans rappeler le « vide » précoce d’Yves Klein.
Mais le rien n’est pas le vide. Le rien d’ailleurs peut-il être une oeuvre d’art? Le cas échéant, peut-il se monnayer ? Le vacuisme peut-il être un mouvement pictural durable ? La plénitude du vide tient-elle de la «fulgurante génialité », comme l’avait écrit un critique touché par le rien de Dussaert dont «Après tout » généra un copieux catalogue. Jacques Mougenot, malin et facétieux, ironique mais toujours sérieux fait de l’affaire Dussaert une longue digression qui embarque tout le monde pour nous interroger sur l’essence de l’art… et l’art du canular.
Du grand art.
V.P -

Sansquilsoitbesoin.fr
Sansquilsoitbesoin.fr
« L’affaire Dussaert » ou la pédagogie de l’invisible.
Après le rire, l’extase de la danse, les dénonciations de la corruption, les introspections individuelles ou collectives, l’observation du monde, les grands classiques, les tragédies du passé, les audaces contemporaines du In d’Avignon, les excès de vins rosés et de bière, vient enfin le besoin, et la nécessité, de se caler dans un fauteuil. Se caler pour mieux se pencher sur l’évocation de faits divers destinés à nous édifier.
C’est avec le souci de faire reculer l’ignorance et de titiller son esprit critique que le public se rend au théâtre « Les 3 soleils » pour assister à l’évocation de l’affaire Dussaert. Pour ceux qui ont un peu de mémoire, cette affaire concerne un peintre français mort dans les débuts de la quarantaine. Cette affaire, aussi célèbre que les pinceaux de Fernand Legros, a fait trembler le monde de l’art contemporain et la sphère artistique dans son ensemble. Les implications de l’affaire Dussaert ont failli faire voler en éclat pléthore de consensus et bon nombre d’institutions culturelles.
Tout le monde se souvient de la réaction des artistes Dada au début du XXème siècle qui, ulcérés de se voir accuser de « faire n’importe quoi », ont décidé de faire de l’expression « n’importe quoi » l’étendard de leur liberté créatrice (voir sur ce point l’admirable ouvrage de Thierry de Duve « Au nom de l’art. Pour une archéologie de la modernité » Minuit, Paris, 1989). Eh bien, l’affaire Dussaert relate le coup de poing d’un créateur, chef de file de son propre mouvement, qui a décidé de pousser les limites de l’art et de l’œuvre d’art au-delà du champ visible. Le basculement dans le conceptuel indicible et invisible a été si habilement mené par Philippe Dussaert que les plus grandes institutions artistiques de la planète (dont le MOMA), les plus grands galeristes, les plus grands critiques, et jusqu’à l’Etat français lui-même, ont perdu repères et sang froid.
Jacques MOUGENOT est entré au cœur de la mécanique qui a failli faire éclater le monde de l’art. Les arcanes sont multiples. Les enjeux sont énormes. Le sujet est philosophique, financier, sociétal. Le travail de Jacques MOUGENOT a été colossal. Pourtant sur scène, notre enquêteur n’est venu qu’avec quelques dossiers, un ouvrage sur cette affaire et des photographies sidérantes et évocatrices de la présence d’un germe dans l’œuvre de Dussaert, germe qui ne pouvait que conduire au chaos.
Jacques MOUGENOT est brillant. Il connaît son sujet. Il en a évité les chausse-trapes. Il a su garder de la distance avec les artistes et les commissaires priseurs. Surtout, il possède le talent d’expliquer avec clarté une affaire complexe dans une sphère elle aussi complexe. Jacques MOUGENOT est à l’aise. Il faut dire qu’il a enquêté de nombreuses années sur cette affaire. Elle est même devenue un fragment de son histoire personnelle.
Jacques MOUGENOT capte immédiatement l’attention du public. On devine, que dans la salle, certains blêmissent en songeant à la petite folie qui les a conduits à acquérir une œuvre à la FIAC. D’autres semblent enfin trouver doux le sort qui les a faits pauvres et incapables de pouvoir s’offrir de l’art contemporain. Plus Jacques MOUGENOT parle, bouge, dévoile et expose son sujet, plus le public entre dans une sorte d’introspection méditative. Cette plongée du public dans un monde médusé se comprend aisément car en écoutant Jacques MOUGENOT, on devine vite en quoi cette affaire Dussaert aura été une bombe. Jacques MOUGENOT nous interpelle sur les notions de valeur, d’esthétique, de sincérité, d’audace. Jacques MOUGENOT nous fait percevoir l’invisible qui tout autour de nous dessine des mondes inconnus, inexplorés, bref invisibles sauf pour Philippe Dussaert.
L’art de Jacques MOUGENOT est de nous faire rire au milieu de cette mise en abîme conceptuelle. L’affaire Dussaert se révèle un puissant concentré de vitamines qui titille nos neurones et nous conduit à vouloir en savoir plus. Jacques MOUGENOT aime son public et il ne l’abandonnera pas au terme de l’exposé de l’affaire Dussaert. Bien au contraire, il nous donnera tous les éléments pour nous faire avancer plus vite dans notre désir de nous frotter à l’art contemporain et à cette affaire Dussaert. Les conseils de Jacques MOUGENOT vous feront gagner un bon quart d’heure dans vos premiers pas vers la recherche de la vérité sur le monde, sur vous, sur Dussaert et le don d’invisibilité.
Bravo et merci Jacques pour cette com/conf (comédie/conférence) réussie !
Fred Lecoeur
L’affaire Dussaert est exposée à 17h20 au théâtre les 3 soleils, dans le cadre du Off d’Avignon, jusqu’au 29 juillet 2018. -

SPECTATIF.COM
SPECTATIF.
4 mars 2023
L’affaire Dussaert / Essaïon Paris
Une conférence-reportage véritablement captivante, richement documentée, subtile et nuancée sur l’univers et surtout le langage autour de l’art contemporain.
« Un spectacle qui traite avec humour de l’art contemporain, en mêlant satire et comédie, cocasserie et gravité, pertinence et impertinence. Ce spectacle est né de la rencontre entre Jacques Mougenot, comédien et auteur dramatique et Peggy d’Argenson, galeriste, qui exposa et promut l’œuvre de Philippe Dussaert dont la dernière œuvre suscita tant de controverses au sein du monde culturel et politique. »
Œuvrant avec une maîtrise d’une simplicité roublarde et efficace, Jacques Mougenot nous saisit et nous conduit de bout en bout, « mine de rien », dans une plongée absconse d’où l’on sort groggy. Jusqu’à ne plus savoir ce qu’il faut encore lire, voir ou croire sur les perceptions et les impressions, les représentations et les valeurs, les discours et les tromperies dont regorgent ces courants artistiques modernes, post-modernes et consorts.
Toujours est-il et « après tout » c’est l’essentiel, nous découvrons avec délice, curieux et avides, le fameux dossier Dussaert et tous les débats autour de lui qui furent vifs et virulents. Canulars et mystifications pour les uns, visions de génie et exécutions de maître pour les autres. Grace au travail de Jacques Mougenot qui a puisé dans les écrits et les souvenirs de Peggy d’Argenson, galeriste, égérie et protectrice de Philippe Dussaert, nous explorons les zones d’ombre de cette ténébreuse affaire dont la conclusion, sur scène, est elle-même vertigineuse.
Il n’en reste pas moins, et ce n’est pas un petit « rien », que malgré « tout » une question demeure : Comment « le Peintre de l’inaperçu » a-t-il pu sombrer si vite dans les profondeurs de l’oubli ?
Drôle et finement bien ficelé, ce spectacle savoureux allie humour et réflexion. Du rire intelligent à ne pas manquer !Spectacle vu le 4 mars 2023
Frédéric Perez -

Tatouvu
Spécial Avignon par Philippe Escalier
L’Affaire DussaertEtonnant, espiègle, subtil, piquant et tellement drôle, le texte de Jacques Mougenot, donné à l’Essaïon Avignon, nous dépeint le monde de l’art contemporain avec jubilation. Prenant les spectateurs par surprise dés le début, les menant ensuite sur des chemins inattendus, il retrace avec humour une histoire qui n’en finit pas de nous étonner et surtout de nous enchanter.
Tout dans « L’Affaire Dussaert » est magique. Écrit avec une plume subtile et mordante, ce texte revient sur un épisode fameux lié à l’art contemporain. Si l’humour de l’auteur ne régalait en permanence le spectateur de traits féroces à l’encontre de ce milieu si particulier n’ayant jamais craint de jouer avec ses propres caricatures, ce beau moment théâtral pourrait ressembler à un compte rendu documenté, bâti sur des témoignages dont celui d’une galeriste célèbre ayant appartenu au coeur de l’affaire. Mais « L’Affaire Dussaert », cette magnifique construction permettant au public de suivre une histoire pleine d’originalité, est tout autre chose. Quand arrive le moment de conclure, l’on découvre le fin mot de l’histoire, conscient d’avoir passé un moment exceptionnel avec un magicien des mots, conteur hors pair, capable de nous faire découvrir ce que le spectacle vivant a de plus atypique et de plus envoutant.
Paru le 17/07/2023